Avec les enseignant.e.s grévistes contre la casse des retraites, à Sanofi pour y faire ruisseler les profits

Sanofi, n°2 du CAC40, a affiché 4 milliards de profits en 2018. Depuis 2 ans, par sa politique fiscale et par divers coups de pouce (comme le crédit impôt recherche ou l’autorisation de la hausse du prix du médicament), le gouvernement favorise ces profits, et assure que la richesse produite dans le pays va ruisseler…

Puisque le gouvernement semble peiner à trouver des sources de financement pour les retraites, nous nous sommes rendus sur le site de Sanofi à Montpellier pour demander que l’entreprise nous accorde un peu du ruissellement promis.

Des salariés de l’entreprise, mobilisés eux aussi contre la casse des retraites, nous ont remis une valise pleine de billets « sanofric » représentant les montants que le groupe doit aux Français : équivalent du CICE, du CIR, d’exonérations diverses et du surcoût des médicaments.

Nous avons ensuite remis cette mallette au conseil général pour que les représentants de l’Etat fassent remonter cet argent au gouvernement !

 

Caisse de grève des cheminots SUD-Rail LR

Les cheminots de la SNCF sont en grève depuis le 5 décembre, et les militants/adhérents SUD-Rail sont en première ligne dès le début du conflit. Au niveau de la région « ex Languedoc-Roussillon », notre mobilisation est forte depuis le premier jour, avec des taux de grévistes allant de 60 à 95% chez les conducteurs, alors que la Direction SNCF annonce que 70% d’entre eux ne seront pas directement touchés par cette réforme. Après 34 jours de grève, les conducteurs TER en Languedoc-Roussillon sont encore grévistes à hauteur de 80%, mais d’autres secteurs à la SNCF se mobilisent fortement également, que ce soit chez les contrôleurs avec 50% de grévistes ou encore à l’EIC (postes d’aiguillages et gestion des circulations) avec plus de 30%. Peu de trains circulent sur la région grâce à cette mobilisation !

Un grand nombre de militants SUD-Rail et de cheminots est entré dans ce conflit contre la réforme des retraites en grève illimitée. Notre combat semble soutenu par un grand nombre de français et ce sont les cheminots qui mènent le combat grâce à leur mobilisation quotidienne. Cette grève va avoir des conséquences financières importes pour chacun d’eux, conséquences que chacun assume bien entendu, et c’est dans ce cadre particulier que nous faisons appel à la solidarité de tous et toutes.

Pour que notre mouvement de protestation puisse durer dans les jours et semaines à venir, pour qu’il puisse être un mouvement gagnant, nous avons besoin que tout ceux qui le peuvent nous soutiennent au travers de notre caisse de grève.

Caisse de grève SUD-Rail LR: https://www.lepotsolidaire.fr/pot/fabtulpu
ou par courrier à SUD-Rail – 175 rue Joseph Cugnot – 34070 Montpellier

Nous dénonçons tous une réforme du système de retraite qui est injuste pour tout le monde. Même si le gouvernement a mis une clause qui évitera à une partie des cheminots d’être pas ou peu impactés (la Direction SNCF annonce 60%), ceux qui sont dans cette configuration ne peuvent pas accepter que leurs collègues qui font le même métier qu’eux n’aient pas les mêmes conditions de départ en retraite. Cette réforme va impacter la vie de nos enfants, de nos petits enfants et des générations à venir… Nous ne sommes pas prêt a accepter de leur laisser un système plus défavorable que celui que nous aurions connu nous, nos parents, nos grands-parents !

Un nouveau système de retraite qui ne sera pas plus équitable, avec lequel il faudra travailler plus longtemps et qui donnera des pensions revues à la baisse. Le but de ce système à point, c’est de faire s’enrichir encore une fois les plus riches au travers des fonds de pensions… est-ce bien l’avenir que nous voulons léguer ? Pour notre syndicat SUD-Rail, ce n’est pas possible. Cela n’est pas possible, car en plus il existe d’autres solutions pour résoudre le problème de financement du système de retraite actuel.

Le système de retraite d’aujourd’hui et la réforme Macron

Aujourd’hui, 1 travailleur produit l’équivalent de 5 travailleurs en 1950, mais reste seul à cotiser. Le gain de production n’étant pas soumis à cotisations alimente les revenus du capital.

Le PIB par habitant a pourtant bien augmenté (x 4,7) en 70 ans, c’est donc que plus de richesse est créée, pour autant comme tu le fais remarquer, le chômage reste très important.

On en conclue que la richesse du travail n’est pas réutilisée pour créer du travail, mais pour s’enrichir…

1950 : 4 cotisants pour 1 retraité (PIB/habitant = 6 715 €)
Aujourd’hui : 1,4 cotisants pour 1 retraité (PIB/Habitant = 31 740 €)

Aujourd’hui ce sont les jeunes qui sont le plus touchés par le chômage: la tranche « 15 à 24 ans » a 20% de chômeurs (contre 7% pour les autres tranches).

D’un autre côté, sur la tranche d’âge « 60 à 64 ans », c’est seulement 33% des personnes qui travaillent, quand aux autres, c’est soit du chômage, RSA, inactivité pour maladie, inactivité avec fin des droits (plus de chômage ni RSA), congé de fin de carrière (CPA)…

La réforme consiste a décaler l’âge de la retraite pour tous à 64 ans, pour avoir une retraite complète. L’autre point majeur de la réforme c’est le passage au système à points, qui va mécaniquement entrainer une baisse des pensions: seul le gouvernement certifie que ça ne sera pas le cas, mais toutes les simulations réalisées démontrent le contraire.

Décaler l’âge de départ à la retraite

– tout le monde va devoir travailler quelques années de plus, quand nos jeunes n’ont pas assez d’emplois disponibles… c’est le serpent qui se mord la queue… si on leur laisse pas la place libre… ils pourront pas trouver du travail !

– conséquence du point précédent… (certains) jeunes commencent à travailler plus tard, soit à cause des études, mais aussi car ils ne trouvent que des stages et pas de vrais emplois, ou alors des missions qui ne durent pas, du coup… ils seront obligés mécaniquement de travailler plus tard… pour avoir « les conditions d’une retraite complète » (et là aussi, le gouvernement n’a rien détaillé de ce qu’il entend par « condition pour une retraite complète »… travailler minimum 43 ans ?).

– un grand nombre de personnes sont au bout du rouleau dans leur emploi, une fois passés les 55 ans, les raisons sont multiples et variées (et pour ceux qui ont des emplois peu fatiguant, le système de retraite actuel leur permet de pouvoir poursuivre leur carrière au delà de l’âge d’ouverture des droits à pension)

– passé 55 ans, c’est bien plus compliqué de trouver un travail pour la majorité des gens (sauf pour ceux qui sont des spécialistes dans leur domaine d’activité et qui forcément n’ont pas de soucis)

– les 2 points précédents ont une conséquence combinée: les « séniors » en inactivité ont alors des revenus moindres, ce qui va pénaliser le montant de leur retraite par la suite…

Système de points

En gros c’est un gateau (variable car il sera maximum de 14% du PIB) a se partager entre tout les retraités, sauf qu’à l’avenir il y aura plus de retraités donc des parts de gateau plus petites…

De plus toute la carrière sera prise en compte pour le calcul du montant de la pension, donc ça veut dire que la moindre inactivité ou baisse/fluctuation de salaire va être pénalisante (le gouvernement nous dit que non, mais dans sa présentation, Edouardo n’a rien dit de précis et concret à ce sujet…).

Les simulations réalisées donnent des pensions de 20 à 30% plus faibles qu’avec le système actuel… en partant à 64 ans ! pour ceux qui voudront partir à 62 ans (comme prévu dans la réforme), ils auront alors un malus (5% par an) de 10%.

Quand aux 1000€ de pension minimum… actuellement c’est 970€. Les 1000€ ce sera pour une carrière complète… sinon c’est moins bien sur…). Au final une augmentation de 30€… Et de nos jours, peut-on vivre correctement avec 1000€ ??

Le gouvernement oublie de parler de ceux qui n’ont justement pas eu de carrières complètes (arrêt de travail pour élever les enfants, travail à temps partiel, changements d’entreprises avec pauses entre 2 jobs, etc…) et souvent avec des salaires juste au dessus du SMIC… ces personnes là vont toucher des pensions de misère, encore plus misérables qu’actuellement.

Les conséquences globales de cette réforme, c’est qu’il va y avoir une multitude cas personnels. Pour tous, ce sera une baisse du montant de retraite, que l’on parte à 62 ans ou 64 ans. Du coup, ce qu’il va se passer, c’est que les gens vont devoir capitaliser dans des fonds de retraite. Sauf qu’il y a ceux qui peuvent, et ceux qui peuvent pas. Il y aura aussi les entreprises les plus généreuses ou celles qui peuvent (ce qui ne sera pas le cas de la plupart des PME) qui vont payer directement ces fonds de pensions à leurs salariés (pour les attirer ou les faire rester). Et les fonds de pensions… c’est de l’argent stocké pour faire de l’argent… et dont ceux qui en tirent le plus de bénéfices sont les actionnaires, encore une fois.

Le système actuel n’est pas parfait, mais nous avons de propositions pour le rendre viable et plus équitable pour tous, sans tirer tout le monde vers le bas encore une fois.

Propositions de SUD-Rail Languedoc-Roussillon

Il faut garder notre système actuel. Le but c’est de trouver entre 8 et 17 milliards d’euros (déficit évalué pour 2025).

Où trouver l’argent:

  • Fin de la délocalisation fiscale des entreprises afin de payer moins d’impôts en France
  • Suppression du CICE pour les entreprises dont les effectifs baissent
  • Création de cotisations sur les revenus du capital (pour récupérer l’évasion fiscale: 230
    milliards d’euros)
  • Création d’une cotisation sur l’automatisation et l’intelligence artificielle (deep learning…)
  • Augmentation des salaires, par exemple : +1% génèrerait environ 2,5 milliards d’euros de
    cotisations supplémentaires
  • Fin de l’inégalité salariale entre hommes et femmes: l’augmentation du salaire des femmes
    entrainant plus d’argent cotisé

Améliorations:

  • Véritable prise en compte de la pénibilité
  • Prise en compte de l’âge moyen en bonne santé de la population pour l’âge de départ en retraite (actuellement 64 ans chez les femmes, 63 ans chez les hommes) = baisser l’âge d’ouverture des droits et non l’augmenter = baisse du chômage des jeunes
  • Congés maternité, congés parental considérés comme travaillés (cotisés)
  • Maintien des pensions de réversion

Merci d’avance à tous ceux qui contribueront à notre caisse de grève.

Retraites: Des cotons tiges géants pour déboucher les oreilles du gouvernement

Action Cotons tiges

A Montpellier, des enseignants, rejoints par des retraités et des gilets jaunes, se sont retrouvés vers 10 heures lundi 23 décembre 2019 devant la gare pour manifester contre le projet de réforme des retraites. Une cinquantaine de manifestants a brandi des coton tiges géants symbolisant la surdité du gouvernement.

 

 

Revue de presse

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