28 janvier 2026 : Inauguration de la place Ambroise Croizat pour les 80 ans de la Sécurité Sociale

Le 4 Octobre dernier, la Sécurité Sociale a eu 80 ans !  Ce bien commun a été développé avec l’ambition de garantir à toutes et tous l’accès aux soins et l’accompagnement aux différents moments de la vie avec la possibilité de vieillir dignement.

A l’initiative de résistants et de militants communistes, c’est un véritable programme révolutionnaire qui fut élaboré pour assurer la protection des travailleurs les plus vulnérables (personnes âgées, chômeurs, malades, femmes enceintes…) et ce, sur le principe :  » de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins « .

Déjà présent dans le programme  » Les Jours heureux » du Conseil National de la Résistance (CNR), c’est Ambroise Croizat qui concrétisera ce projet. La Sécurité Sociale est le fruit d’une année de travail collectif, de la fédération des multiples mutuelles et organisations existantes, comme il le rappellera au moment de la promulgation de l’ordonnance.

Nous appelons au rassemblement pour rendre hommage à cette volonté de mettre en place un système de protection qui se base sur une « solidarité nationale indiscutable », comme le dit Ambroise Croizat lui-même à l’Assemblée le 8 août 1946. Incarnant dès cette époque un véritable choix de société, ce système fête cette année ses 80 ans d’existence.

Le 28 Janvier, anniversaire de la naissance d’Ambroise Croizat, la placette située devant la CPAM Gambetta de Montpellier sera inaugurée à 18h en son honneur, nous vous y attendons nombreux.

Une conférence sur « LES ENJEUX ACTUELS DE LA SÉCURITÉ SOCIALE » suivra à 19h à la Carmagnole par Victor Duchesne Maître de conférence en sciences économiques de l’Université Paris Nord Sorbonne – Restauration sur place

Voici le texte de l’inauguration:

Discours Inauguration place Ambroise Croisat

Merci d’être venus à l’appel d’ATTAC (l’Association pour le Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne), Médecins du Monde, FSU (Fédération Syndicale Unitaire) et Réseau-Salariat,
Je rappelle que cet hommage sera suivi d’une conférence à la Carmagnole à 19h sur les enjeux actuels de la Sécurité sociale avec Victor Duchesne maître de conférence en sciences économiques à la Sorbonne et à laquelle je vous invite chaleureusement.

(vie d’A Croizat (Anne Marie))

Nous sommes aujourd’hui rassemblés pour rendre hommage à Ambroise Croizat et à sa grande réalisation, la Sécurité Sociale. En effet, nommé ministre du Travail et de la sécurité sociale en 1945, il a piloté le travail de fédération, mené par les unions locales de la CGT, de l’ensemble des mutuelles d’entreprise et d’institutions diverses pour les intégrer dans un système universel, la sécurité sociale.

Fils d’ouvrier, il commence à travailler dès l’âge de 13 ans comme apprenti métallurgiste. A 19 ans il adhère à la CGTU (Confédération Générale du Travail Unitaire) et au Parti Communiste Français. Rapidement, il devient un militant ouvrier influent, défenseur des droits des travailleurs.
Alors qu’il est devenu secrétaire général de la Fédération des métaux (CGT), une branche stratégique dans l’industrie, il organise et accompagne les grèves massives de mai et juin 1936, qui aboutissent aux Accords de Matignon. Il milite pour la nationalisation des grandes industries et la mise en place d’une protection sociale élargie.
Peu après il est élu député communiste de Savoie en 1936, et intervient à l’Assemblée sur
Les droits des travailleurs : extension des conventions collectives.
La sécurité sociale embryonnaire : il défend l’idée d’un système universel.
La défense des libertés syndicales.
Il soutient les réformes sociales du Front populaire tout en poussant pour des mesures plus radicales : 40 heures hebdomadaires, Congés payés, Conventions collectives ainsi que le développement des œuvres sociales syndicales : Sous son impulsion, la CGT métallurgie crée des colonies de vacances, des centres de santé et des écoles de formation pour adultes, toujours actives, pour améliorer la vie des ouvriers.
Croizat s’oppose à la montée des fascismes et soutient la solidarité avec l’Espagne républicaine. Il défend les droits des travailleurs coloniaux, demandant l’égalité salariale et sociale.
Suite au Pacte germano-soviétique, les députés communistes sont arrêtés et condamnés en octobre 1939, emprisonnés et déportés au bagne d’Alger en 1941. Suite au débarquement allié en Afrique du Nord il est libéré en février 1943 et reprend des activités politiques de façon clandestine, participant à l’assemblée consultative provisoire dont il assure la présidence de la commission du travail et des affaires sociales.
A la Libération il est nommé Ministre du Travail et de la Sécurité sociale entre 45 et 47 et porte la loi fondatrice de la Sécurité sociale qui passe par ordonnance le 4 octobre 1945. Il met en place le régime général de l’assurance maladie en 1946.

Les différentes branches de la Sécurité sociale (Anne Marie)

La sécurité sociale s’organise traditionnellement autour de la couverture de grands risques sociaux, tels que la santé, la vieillesse et la famille. Historiquement, ces protections étaient regroupées au sein d’une « caisse unique » lors de la création du régime général en 1946, avant d’être séparées en branches distinctes par les ordonnances de 1967 pour répondre à des logiques de gestion comptable.
Les branches classiques du régime général
• La branche Maladie (Santé) : Elle assure le financement des soins et la solvabilisation des professionnels de santé. Elle s’est développée massivement dans les années 1960 avec la création d’une sécurité sociale du soin.
• La branche Vieillesse (Retraites) : Elle gère les pensions des retraités, conçues non pas comme une épargne, mais comme la poursuite du salaire pour des travailleurs libérés de l’emploi.
• La branche Famille : Elle repose sur le versement des allocations familiales, qui reconnaissent le rôle social des parents.
• L’assurance Chômage : Bien que gérée séparément à l’origine, elle est désormais étroitement liée au financement de la protection sociale, notamment via la CSG.
Progressivement l’État social a repris le pouvoir sur « la Sociale » en transformant un système initialement autogéré par les travailleurs en une administration sous tutelle étatique. Ce processus, qualifié de « réappropriation », s’est appuyé sur des réformes structurelles et un changement radical du mode de financement.
Les étapes de cette reprise de pouvoir par l’Etat:
1. La fin de l’autogestion ouvrière (1960-1967)
À sa création en 1946, la Sécurité sociale était dirigée par les intéressés eux-mêmes : les conseils d’administration étaient composés aux trois quarts de représentants des salariés.
• Les décrets de 1960, sous De Gaulle, donnent le pouvoir aux directeurs de caisses (nommés ou contrôlés par l’État) au détriment des conseils d’administration élus.
• Les ordonnances Jeanneney (1967) marquent une rupture majeure en supprimant la « caisse unique » au profit de branches séparées (Maladie, Vieillesse, Famille). Cette division a permis de créer artificiellement des déficits dans certaines branches pour justifier des restrictions budgétaires. C’est aussi l’instauration du paritarisme, qui réduit l’influence ouvrière en donnant autant de poids au patronat qu’aux syndicats dans les CA.
2. La fiscalisation et le contrôle parlementaire au début des années 90
L’État a progressivement remplacé la cotisation sociale (considérée comme une part du salaire gérée par les travailleurs) par l’impôt, ce qui lui redonne la main sur les cordons de la bourse.
Grâce à la création de la CSG (gouvernement Rocard 1991) : En remplaçant les cotisations par un impôt, l’État légitime son rôle de gestionnaire et dessaisit les partenaires sociaux de leur souveraineté sur le salaire socialisé.
Ensuite Le Plan Juppé en 1995-1996 qui instaure les Lois de financement de la Sécurité sociale (LFSS). Désormais, c’est le Parlement qui vote le budget de la Sécurité sociale, faisant passer le système d’une logique de « réponse aux besoins » à une logique d’« adaptation à la contrainte budgétaire ».
3. Le passage au « capitalisme sanitaire »
Une fois le contrôle politique récupéré par l’État et ses technocrates, la Sécurité sociale a été mise au service d’une logique de marché.
• Solvabilisation du secteur privé : L’État social utilise l’argent public pour financer des secteurs lucratifs, comme les cliniques privées, l’industrie pharmaceutique (via les brevets) et les complémentaires santé.
• La gestion par le chiffre : Des outils comme la T2A (tarification à l’activité) transforment l’hôpital en entreprise, où le soignant est perçu comme un exécutant soumis à des impératifs de rentabilité plutôt qu’à la qualité du soin.
En résumé, l’État a transformé une institution de conquête ouvrière en un outil de régulation économique, favorisant le développement d’un capitalisme politique où les élites décident de la répartition de la valeur à la place des producteurs.

La Gouvernance de la Sécu (Christine)

Si les cotisations sociales représentent une somme rondelette (493 milliards d’euros en 2022), contrairement à ce que répète le patronat, la Sécurité sociale n’est pas un frein mais un moteur dans l’économie, elle est source de richesses.
Comme le rappelle l’économiste Michaël Zemmour, « La protection sociale est un stabilisateur automatique. Les prestations sociales permettent de décorréler le revenu des ménages des soubresauts de l’économie. » Les travailleureuses licencié.es peuvent continuer à consommer; ainsi les chocs des crises financières ont été moins violents en France qu’ailleurs. La sécu a joué le même rôle lors de la crise sanitaire. En permanence, les prestations sociales lissent les revenus des ménages, assurant la « sécurité des lendemains ». Ces prestations atténuent de 70% les variations annuelles de niveau de vie des actifs et actives, ce qui limite l’épargne de précaution.
La sécu permet aussi de mettre fin à la peur de la maladie : fini de choisir entre se soigner et manger ! fini de quémander la charité, avec son corollaire, le sentiment d’humiliation. Recevoir des soins, percevoir des indemnités, ce n’est plus « demander » : c’est exercer un droit acquis collectivement.
La protection sociale est également un extraordinaire outil redistributif qui réduit significativement les inégalités de revenus. Le taux de pauvreté passe de 26,5% avant redistribution à 15,4% après redistribution (chiffres 2022), ce qui en montre l’efficacité. La protection sociale est une richesse sociale, qui crée de la solidarité, intergénérationnelle, du ciment social par l’interdépendance réciproque entre les citoyen.nes.
En outre, la Sécurité sociale ne se contente pas de corriger les défaillances et inégalités, elle participe à la création de richesses économiques : en protégeant la santé des travailleureuses, mais aussi en produisant et en remboursant les soins, en subventionnant des places en crèche ou dans les Ehpad. Ce qui représente quand même 11% du PIB.
Enfin, elle est tout particulièrement efficace : plus on mutualise, plus on fait des économies d’échelle. Les coûts de gestion (de 16 à 22 %) des complémentaires santé sont exorbitants en regard de ceux de la Sécurité sociale (entre 4 et 6%).
La Sécurité Sociale doit permettre de sécuriser et de protéger les citoyen·nes contre les aléas de la vie, mais aussi être un outil de transformation sociale. Revenir au 100% sécu permettra d’en mettre en œuvre le principe fondateur « cotiser selon ses moyens et recevoir selon ses besoins ».

La Sécurité sociale a permis que la santé cesse d’être une angoisse permanente, en particulier pour les classes populaires : se soigner à temps, ne pas craindre la ruine de la famille, pouvoir bénéficier de traitements longs. La Sécu a apporté un changement profond dans la précarité et la dignité. Recevoir des soins, percevoir des indemnités, ce n’est plus « demander » : c’est exercer un droit acquis collectivement.

Les limites du système (Marie)

Quatre‑vingts ans plus tard, cette promesse est fragilisée.
Non pas parce que la Sécurité sociale serait dépassée, mais parce que nous nous en sommes progressivement éloignés, à travers des choix politiques et de gouvernance qui ont affaibli ses principes fondateurs.
1. Une Sécurité sociale qui ne protège plus totalement
Première limite : la montée continue des restes à charge.
Aujourd’hui, chaque personne en France paie en moyenne 274 euros par an de sa poche pour se soigner. Mais cette moyenne masque des écarts importants : pour les personnes âgées, en affection de longue durée ou en situation de handicap, les dépenses sont bien plus élevées, notamment pour les soins peu ou mal remboursés, les transports, ou le matériel médical.
Ces restes à charge ont des conséquences directes :

plus d’une personne sur deux a déjà renoncé à des soins ou à du matériel médical faute de remboursement,

et les ménages les plus modestes consacrent une part bien plus importante de leurs revenus à la santé que les plus aisés.

On est là à l’opposé de la logique de 1945, qui visait à protéger en priorité celles et ceux qui ont le plus de besoins.

2. Un système fragmenté, complexe et inégalitaire
Deuxième limite : la fragmentation du système de protection maladie.
Entre l’Assurance maladie obligatoire, les complémentaires privées, la C2S et l’AME, l’accès effectif à la santé dépend de l’empilement de dispositifs, de démarches, majoritairement numériques, complexes et de conditions changeantes.
Cette organisation produit très concrètement :
des ruptures de droits,
du non‑recours massif,
et une dépendance accrue à la capacité à maîtriser l’administratif.

En 2024, 2,5 millions de personnes n’avaient pas de complémentaire santé. Et dans les structures de Médecins du Monde, 85 % des personnes accueillies n’avaient pas de couverture santé effective.
Dans le même temps, les complémentaires santé, initialement pensées comme un simple complément, occupent désormais une place centrale et fonctionnent comme de véritables assurances :
plus on est âgé ou malade, plus on paie.
À 75 ans, une personne paie en moyenne trois fois plus qu’à 20 ans pour une couverture équivalente.

3. Une universalité inachevée et discriminante
Troisième limite : tout le monde ne bénéficie pas du même droit à la santé.
L’accès à l’Assurance maladie reste conditionné au statut administratif. Les personnes sans titre de séjour sont reléguées vers l’AME, un dispositif à part, plus restrictif et régulièrement menacé.
Le rapport de l’observatoire de l’accès aux soins, publié en 2025 par Médecins du Monde, documente les effets concrets de cette mise à l’écart : à Montpellier, dans le cadre d’une enquête-testing, on a pu constater que 38 % des bénéficiaires de l’AME se sont vu refuser un rendez‑vous chez un dentiste, alors qu’un créneau était proposé pour une demande identique formulée par un assuré social. Ces pratiques traduisent une discrimination structurelle, liée à un système fragmenté.
Pourtant, soigner tout le monde n’est pas un luxe, c’est une exigence de santé publique et de cohésion sociale.

La Sécurité sociale n’est pas en crise parce qu’elle coûterait trop cher, mais parce qu’elle est progressivement détournée de sa finalité.
Remettre au travail l’esprit de 1945, c’est réaffirmer
– que la santé n’est pas un marché,
– que la solidarité n’est pas une dépense mais un choix politique,
– et que l’accès aux soins doit redevenir un droit inconditionnel et universel.

Minutage : 3’30 » minutes (je peux réduire si nécessaire)

Conclusion (ne pas lire les titres)

(1. Ce qu’était la gouvernance de la Sécurité sociale au départ)
En 1945, la Sécurité sociale ne se voulait pas seulement un mécanisme de remboursement. C’était une institution démocratique, pensée comme un outil d’émancipation collective.
Sa gouvernance reposait sur un principe fort : les assuré·es sociaux gouvernent eux‑mêmes leur système de protection.
Les caisses de Sécurité sociale étaient majoritairement administrées par les représentants des travailleurs, élus, avec une logique claire : les besoins de santé priment sur les équilibres comptables, et les choix sont débattus collectivement.

(2. Une évolution progressive vers un pilotage technocratique )
Au fil des décennies, cette gouvernance s’est profondément transformée. Peu à peu, la gestion démocratique a été remplacée par un pilotage étatique centralisé, principalement à travers les lois de financement de la Sécurité sociale. Chaque année, le débat porte moins sur les besoins réels de la population que sur des objectifs de dépenses, des enveloppes, des « maîtrises budgétaires ».

(3. Les dérives actuelles)
On peut pointer qu’une gouvernance éloignée des citoyens produit des effets très concrets :

une logique de contrôle des coûts qui fragilise l’accès aux soins et qui culpabilise les malades,

un désengagement progressif du financement public,

et une place croissante laissée aux acteurs privés, notamment aux complémentaires santé.

Résultat : On s’éloigne du projet initial de solidarité pour glisser vers une logique assurantielle.

4. Réouvrir la démocratie sociale : une urgence politique
Face à ces dérives, on pourrait imaginer travailler à une véritable refondation démocratique de la protection sociale. L’organisation d’une Convention citoyenne sur la protection sociale permettrait de redonner la parole aux citoyen·nes, aux usager·es, aux professionnel·les et aux associations, pour débattre collectivement.

Conclusion
Cette convention gagnerait même peut-être, à être élargie à l’ensemble de la protection sociale, en intégrant notamment les expériences de sécurité sociale de l’alimentation déjà expérimentées sur plusieurs territoires.
Revenir à l’esprit de 1945, aujourd’hui, c’est accepter une idée simple mais radicale :
la protection sociale n’est pas une affaire d’experts, mais un choix de société, qui mérite un débat démocratique à la hauteur des enjeux.

8 août 1946 devant l’Assemblée nationale Ambroise Croizat prononce un discours sur la sécu dans lequel il conçoit la sécurité sociale non comme un processus achevé, mais comme une «  institution vivante  » qui «  doit s’étendre, chaque jour, aux domaines nouveaux qui n’ont pas encore fait l’objet d’intervention législative  ».

Publication d’un nouveau dictionnaire sur le développement

Plus de 25 ans après la publication de « The development dictionary », vient de paraître « Pluriverse : a post-development dictionary ». Pourquoi un nouveau livre faisant une analyse critique du concept de développement, qui plus est sous la forme d’un dictionnaire ? Wolfgang Sachs qui a dirigé la rédaction de « The development dictionary » en donne l’explication dans la préface de « Pluriverse » intitulée « le développement revisité » (voir ci-dessous la traduction en français de la préface). Depuis l’émergence du concept à la sortie de la seconde guerre mondiale jusqu’à nos jours, le développement a subi plusieurs mutations, tout en conservant ses fondements les plus néfastes pour l’humanité et l’environnement. Le développement reste porté par l’idée qu’il n’y a qu’une seule forme d’évolution sociale. La « pensée du développement » nie la diversité des sociétés et des territoires et au contraire les soumet à ce que Wolfgang Sachs appelle la dictature de la comparaison quantitative. Le développement désormais affublé du qualificatif de durable est mesuré par des indices économiques mais aussi sociaux. C’est pour prendre en compte ces mutations, analyser leurs effets et proposer des alternatives pour sortir du développement une bonne fois pour toutes, que « Pluriverse » a vu le jour. « Pluriverse » est un dictionnaire sur ce que pourrait être un après développement plus qu’un dictionnaire sur le développement. Et l’après développement ne peut être que pluriel pour la centaine d’auteurs de « Pluriverse » originaires de tous les continents. Le plurivers, « un monde où beaucoup de mondes existent » selon les zapatistes, incarne cette vision plurielle de l’après développement. Le Plurivers est un ensemble d’alternatives au « monde unique » que veulent imposer les puissances impérialistes occidentales. A l’ontologie dualiste du monde unique (une culture universelle agissant sur une nature inerte), s’oppose l’ontologie relationnelle du plurivers (formes diverses de relation des humains entre eux et avec leur environnement dans le respect mutuel). Le plurivers rompt les dualités culture/nature, humain/non humain, homme/femme etc. à l’origine de la crise environnementale et offre par là même des possibilités d’en sortir.

Le livre est composé de 3 parties. Dans la 1ère partie, un auteur de chaque continent fournit une analyse critique des impacts du développement dans sa région. La 2ème partie passe en revue une série d’innovations techniques et financières présentées à tort comme la solution pour sortir de la crise mondiale : économie verte, marché de services écosystémiques, géo-ingénierie, villes intelligentes, transhumanisme… Enfin, la 3ème et principale partie de « Pluriverse » est un recueil des visions du monde et des pratiques, anciennes et nouvelles, locales et mondiales qui émergent des communautés indigènes et paysannes, des périphéries urbaines, des mouvements environnementaux, féministes et sociaux, en marge de la modernité capitaliste : agroécologie, buen vivir, institution des communs, convivialité, décroissance, démocratie directe, droits de l’homme et de la nature, écoféminisme, écosocialisme, souveraineté énergétique et alimentaire, swaraj… Il ne s’agit plus d’appliquer des politiques s’appuyant sur les mêmes mesures et indices de développement partout dans le monde, mais de reconnaître qu’il existe plusieurs chemins pour aller vers un monde durable et juste.

Après l’anglais et l’espagnol, les co-éditeurs de « Pluriverse » (Alberto Acosta, économiste et ancien ministre équatorien de l’énergie et des mines; Federico Demaria, économiste de l’environnement à l’université autonome de Barcelone; Pablo Escobar, anthropologiste à l’université de Caroline du Nord; Ashish Kothari, écologue et co-fondateur de l’ONG indienne Kalpavriksh; Ariel Saleh, sociologue et militante écoféministe) espèrent qu’il sera bientôt publié également en français et dans de nombreuses autres langues.

Pluriverse

Le développement revisité
Wolfgang Sachs

« L’idée de développement se dresse comme une ruine dans le paysage intellectuel ». C’est ce que nous avons écrit il y a environ vingt-cinq ans, en 1993, dans l’introduction de « The Development Dictionary ». Heureux et un peu naïfs, assis sous le porche de la maison de Barbara Duden près de la Pennsylvania State University à l’automne 1988, nous avons proclamé la fin de « l’ère du développement ». Entre les pâtes, le vin rouge et les rondelles d’oignon, entre les sacs de couchage, un ou deux ordinateurs personnels et de nombreuses rangées de livres, nous avons commencé à élaborer les grandes lignes d’un manuel qui allait exposer l’idée du développement.

Rappelons-nous : dans la seconde moitié du XXe siècle, la notion de développement était comme un puissant souverain sur les nations. C’était le programme géopolitique de l’ère post-coloniale. Comme les dix-sept auteurs, venant de quatre continents, avaient tous grandi avec le concept de développement, nous voulions nous débarrasser des convictions profondément ancrées de nos pères de l’après-guerre. Nous avons compris que le concept avait préparé le terrain pour le pouvoir impérialiste occidental sur le monde. De plus, nous avons senti – plus que pensé de manière rationnelle – que le développement conduisait à un cul-de-sac, dont les conséquences nous toucheraient sous forme d’injustice, de bouleversements culturels et de déclin écologique. En somme, nous nous étions rendu compte que l’idée de développement avait pris une direction qui n’était pas inhabituelle dans l’histoire des idées : ce qui était autrefois une innovation historique est devenue une convention au fil du temps, une convention qui allait se terminer par une frustration générale. Notre mentor spirituel, Ivan Illich, qui était parmi nous, a fait remarquer que cette idée s’inscrirait à merveille dans une archéologie de la modernité qu’il avait l’intention d’écrire. Déjà à l’époque, il était d’avis qu’il fallait parler du développement par le biais d’une notice nécrologique.

Flashback

Quand l’ère du développement a-t-elle commencé ? Dans notre dictionnaire du développement, nous avons identifié le président Harry S. Truman comme le méchant. En effet, le 20 janvier 1949, dans son discours d’investiture, il déclarait que plus de la moitié de la population mondiale venait de « régions sous-développées ». C’était la première fois que le terme « sous-développement », qui allait devenir plus tard une catégorie clé pour la justification du pouvoir, tant international que national, était employé lors d’un évènement politique important. Ce discours a ouvert l’ère du développement – une période de l’histoire du monde, qui a suivi l’ère coloniale, pour être remplacée quelque quarante ans plus tard par l’ère de la mondialisation. Et aujourd’hui, il y a des signes clairs que la mondialisation pourrait être à son tour remplacée par une ère de nationalismes populistes.

Qu’est-ce qui constitue l’idée de développement ? Nous devrions considérer quatre aspects. Sur le plan chrono-politique, toutes les nations semblent avancer dans la même direction. Le temps imaginé est linéaire, ne se déplaçant que vers l’avant ou vers l’arrière ; mais l’objectif de progrès technique et économique est éphémère. Sur le plan géopolitique, les adeptes du développement, les nations développées, montrent aux pays en difficulté la voie à suivre. La diversité étonnante des peuples du monde est ainsi réduite de façon simpliste en nations riches et pauvres. Sur le plan sociopolitique, le développement d’une nation se mesure à sa performance économique, en fonction de son produit intérieur brut. Les sociétés qui viennent de sortir de la domination coloniale sont tenues de se placer sous la tutelle de « l’économie ». Enfin, les acteurs qui font pression pour le développement sont principalement des experts au sein des gouvernements, des banques multinationales et des entreprises. Auparavant, à l’époque de Marx ou de Schumpeter, le terme de développement était utilisé de façon intransitive, comme une fleur qui cherche à éclore. Aujourd’hui, le terme est utilisé de façon transitive comme une réorganisation active de la société qui doit être achevée dans des décennies, voire des années.

Alors que nous étions prêts à chanter l’adieu à l’ère du développement, l’histoire du monde ne nous a pas suivi. Au contraire, l’idée a reçu un nouvel élan. Alors que les premières ébauches de notre dictionnaire étaient prêtes, en novembre 1989, le mur de Berlin est tombé. La guerre froide était terminée et l’époque de la mondialisation a commencé. Les portes pour les forces du marché transnational qui s’étendent jusqu’aux recoins les plus reculés de la planète ont été grandes ouvertes. L’État-nation est devenu poreux ; l’économie et la culture étaient de plus en plus déterminées par les forces mondiales. Le développement, qui était autrefois une tâche de l’État, est maintenant dé-territorialisé. Les sociétés transnationales s’étendent sur tous les continents et les modes de vie sont alignés les uns sur les autres : Les 4×4 ont remplacé les pousse-pousse, les téléphones cellulaires ont remplacé les rassemblements communautaires, la climatisation a remplacé la sieste. La mondialisation peut être comprise comme un développement sans les États-nations. Les classes moyennes mondiales – blanches ou noires, jaunes ou brunes – en ont le plus profité. Elles consomment dans des centres commerciaux similaires, achètent des produits électroniques de haute technologie, regardent les mêmes films et séries télévisées. En tant que touristes, elles disposent librement du moyen décisif de l’alignement : l’argent. En gros, déjà en 2010, la moitié de la classe moyenne mondiale vivait dans le Nord et l’autre moitié dans le Sud. C’est sans aucun doute le grand succès de la « pensée du développement », mais c’est un échec qui se profile à l’horizon.

Effondrement

« Développement » est un mot malléable, un terme vide de signification positive. Néanmoins, il a conservé son statut de perspective, car il est inscrit dans un réseau international d’institutions qui va des Nations Unies aux ONG. Après tout, des milliards de personnes ont fait usage de ce « droit au développement », comme il est dit en 1986 dans la résolution de l’assemblée plénière de l’ONU. Nous, les auteurs du dictionnaire du développement, étions impatients de proclamer la fin de l’ère du développement ; nous n’avions pas anticipé que le coma politique durerait des décennies. Pourtant, nous avions raison – même si nous avions imaginé que cela se déroulerait différemment.

L’effondrement de l’idée de développement est maintenant évident dans le programme de l’Agenda 2030 des Nations Unies pour les objectifs du développement durable (ODD). L’époque où le développement signifiait « promesse » est révolue depuis longtemps. À l’époque, on parlait de jeunes nations aspirant à se lancer sur la voie du progrès. En effet, le discours du développement est porteur d’une promesse historique monumentale : qu’à terme, toutes les sociétés finiront par combler le fossé qui les sépare des sociétés les plus riches et se partageront les fruits de la civilisation industrielle. Cette époque est révolue : la vie quotidienne est désormais plus souvent une question de survie que de progrès. Si la politique de lutte contre la pauvreté a été couronnée de succès à certains endroits, cela fut au prix d’inégalités encore plus grandes ailleurs, et au prix de dommages environnementaux irréparables. Le réchauffement de la planète et l’érosion de la biodiversité ont jeté le doute sur le fait que les nations développées soient le pinacle de l’évolution sociale. Au contraire, le progrès s’est avéré être une régression, car la logique capitaliste à l’oeuvre dans les pays développés ne peut qu’exploiter la nature. Des « Limites de la croissance » en 1972 aux « Limites planétaires » en 2009, l’analyse est claire : le développement en tant que croissance conduit à une insoutenabilité de la planète Terre pour les humains. Les ODD – qui portent le développement dans leur titre – sont une tromperie sémantique. Les objectifs de développement durable devraient vraiment s’appeler OSD – objectifs de survie durable.

Il convient ici de citer un passage du document qui annonçait les ODD : « Il s’agit d’un programme d’une portée et d’une importance sans précédent […]. Il s’agit d’objectifs et de cibles universels qui impliquent le monde entier, les pays développés comme les pays en développement ». Vous ne pouvez pas exprimer plus clairement le changement de mentalité : « la géopolitique du développement », selon laquelle les nations industrielles seraient l’exemple à suivre pour les pays les plus pauvres, a été éliminée. Tout comme l’ère de la guerre froide s’est estompée en 1989, le mythe du rattrapage s’est évaporé en 2015. Rarement un mythe n’a été enterré aussi tranquillement. Quel est l’intérêt du développement s’il n’y a pas de pays que l’on peut qualifier de « développé durablement » ? En dehors de cela, la géographie économique du monde a changé. D’un point de vue géopolitique, l’ascension rapide de la Chine en tant que plus grande puissance économique de la planète a été spectaculaire. Les sept pays nouvellement industrialisés les plus importants sont maintenant économiquement plus forts que les États industriels traditionnels, bien que le G-7 prétende toujours être hégémonique. La mondialisation a presque dissous le schéma Nord-Sud en place.

De plus, le développement a toujours été une construction statistique. Sans le chiffre magique, le produit intérieur brut (PIB), il était impossible de classer les nations du monde. La comparaison des revenus était le point de départ de la réflexion sur le développement. Ce n’est que de cette façon que l’on peut relativiser la pauvreté ou que la richesse d’un pays est déterminée. Depuis les années 1970, cependant, une dichotomie est apparue dans le discours sur le développement, juxtaposant l’idée de développement en tant que croissance à l’idée de développement en tant que politique sociale. Des institutions telles que la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont continué à ne considérer que l’idée de développement en tant que croissance, tandis que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), et la plupart des ONG ont mis l’accent sur l’idée du développement en tant que politique sociale. Ainsi le terme « développement » est devenu une expression fourre-tout. Les ODD sont issus de cette tradition. La croissance économique n’est plus l’objectif, mais le réductionnisme de la pensée du développement ne disparaît pas si facilement. Au lieu des chiffres du PIB, nous disposons désormais d’indicateurs sociaux – nutrition, santé, éducation, environnement – afin de cartographier la performance d’un pays. Les données permettent la comparaison, et la comparaison permet de calculer des déficits le long d’un axe du temps, tout comme entre les groupes et les nations. La réduction des déficits dans le monde a été l’objectif du développement durant ces 70 dernières années. En ce sens, l’indice de développement humain, à l’instar du PIB, est un indice de déficit ; il classe les pays de manière hiérarchique et part ainsi de l’hypothèse qu’il n’y a qu’une seule forme d’évolution sociale. C’est ainsi que la pensée du développement révèle son secret : elle vit de la dictature de la comparaison quantitative.

Perspective

L’année même de la publication de notre dictionnaire du développement, un autre livre faisait fureur : La fin de l’histoire de Francis Fukuyama. C’est ce qui a marqué l’atmosphère de l’époque : le triomphe de l’Occident avec sa démocratie et ses conditions de vie industrialisées. Vingt-cinq ans plus tard, en 2018, aucune de ses promesses ne s’est concrétisée. Au contraire, le désarroi, voire le chaos, la peur et la colère se sont largement répandus et contrastent fortement avec le triomphalisme des années 1990. Si l’on devait trouver un mot pour décrire l’atmosphère actuelle dans l’hémisphère nord et dans certaines parties de l’hémisphère sud, ce serait : la peur de l’avenir, la peur que les perspectives de vie se réduisent et que nos enfants et petits-enfants soient moins bien lotis que nous. La suspicion que les attentes suscitées par le développement ne seront pas satisfaites se répand parmi la classe moyenne mondiale. Exclus de leurs traditions, conscients des styles de vie occidentaux à travers leurs smartphones, mais aussi exclus du monde moderne, c’est le sort de trop de gens, et pas seulement dans les pays pauvres. Ainsi, la confusion culturelle et les crises écologiques alimentent la peur de l’avenir.

Quoiqu’il en soit, l’âge moderne expansif s’est enlisé et il est temps d’en sortir. En un coup d’œil, on peut identifier trois récits qui répondent à la peur de l’avenir : les récits de la « forteresse », du « mondialisme » et de la « solidarité ». La « pensée de la forteresse », exprimée par le néo-nationalisme, fait renaître le passé glorieux d’un peuple imaginaire. Les dirigeants autoritaires redonnent de la fierté ; tandis que les autres sont des boucs émissaires – des musulmans à l’ONU. Cela conduit à la haine envers les étrangers, parfois couplés à un fondamentalisme religieux. Une sorte de « chauvinisme d’abondance » s’est largement répandu, en particulier dans les nouvelles classes moyennes dont les biens matériels doivent être défendus contre les pauvres. En revanche, dans le « mondialisme », nous trouvons l’image de la planète comme un symbole archétypique. Au lieu du mercantilisme de la forteresse de « América first », les mondialistes promeuvent un monde de libre-échange idéalement déréglementé, qui a pour but d’apporter la richesse et le bien-être aux entreprises et aux consommateurs du monde entier. L’élite libérale mondialisée peut aussi avoir peur de l’avenir, mais de telles difficultés peuvent apparemment être dépassées grâce à la « croissance verte et inclusive » et aux technologies intelligentes.

Le troisième récit – la « solidarité » – est différent. La peur de l’avenir appelle à la résistance contre les puissants, les garants d’une société du chacun pour soi et la poursuite capitaliste du profit. Au contraire, les droits de l’homme – collectifs et individuels – et les principes écologiques sont valorisés ; les forces du marché ne sont pas une fin en soi, mais des moyens d’atteindre une fin. Comme l’exprime le slogan « penser global, agir local », un localisme cosmopolite se nourrit d’une politique locale qui doit aussi prendre en compte des besoins plus larges. Cela signifie l’élimination progressive du mode de vie impérialiste qu’exige la civilisation industrielle et la redéfinition de formes de prospérité frugale. Selon les mots du Pape François, actuellement l’un des plus importants hérauts de la solidarité avec son encyclique « Laudato Si » :

Nous savons à quel point le comportement de ceux qui consomment et détruisent constamment est insoutenable, alors que d’autres ne sont pas encore capables de vivre d’une manière qui soit conforme à leur dignité humaine. C’est pourquoi le moment est venu d’accepter la décroissance dans certaines parties du monde, afin de fournir des ressources pour que d’autres endroits puissent connaître une croissance saine (§193 du Laudato Si).

J’ai le sentiment que ce dictionnaire de l’après-développement s’enracine profondément dans le récit de la solidarité. Les cent entrées élucident de nombreux chemins vers une transformation sociale qui place l’empathie avec les humains et les non humains au premier plan. Ces visions s’opposent fermement au nationalisme xénophobe et au mondialisme technocratique. Il est très encourageant de constater que la théorie et la pratique de la solidarité, comme en témoigne déjà la diversité géographique des auteurs du dictionnaire, semblent avoir a atteint tous les coins du monde.

Autres ressources

Sa Sainteté, le pape François (2015), Laudato Si’

Illich, Ivan (1993), Tools for Conviviality. New York: Harper & Row.

Mishra, Pankaj (2017), Age of Anger: A History of the Present. London: Allen Lane.

Raskin, Paul (2016), Journey to Earthland: The Great Transition to Planetary Civilization. Boston: Tellus.

Sachs, Wolfgang (ed.) (2010 [1992]), The Development Dictionary: A Guide to Knowledge as Power. London: Zed Books.

Speich-Chassè, Daniel (2013), Die Erfindung des Bruttosozialprodukts: Globale Ungleichheit in der Wissensgeschichte der Ökonomie. Göttingen: Vandenhoeck & Ruprecht.

Lettre au président de Montpellier Méditerranée Métropole

Cette lettre a été envoyée le 19 février 2019 à Philippe Saurel, président de Montpellier Méditerranée Métropole.

Monsieur le Président de Montpellier Méditerranée Métropole,

Vous avez décidé d’engager de très importantes dépenses publiques pour la construction d’un nouveau stade à Montpellier ainsi que pour le raccordement du tramway à la gare annexe de Montpellier Sud de France. Ces projets ne figuraient pas sur votre programme, lors des dernières municipales. Depuis votre élection, ils n’ont fait l’objet d’aucun débat, d’aucune consultation populaire. Pourtant, ces décisions engagent lourdement les finances de Montpellier Méditerranée Métropole et ce pour de nombreuses années.

Aussi, vu leur ampleur et leur impact sur les politiques et le développement du territoire, il apparaît indispensable de voir ces projets soumis à la réflexion des habitant.e.s de la métropole de Montpellier qui doivent pouvoir s’exprimer et décider s’ils doivent voir le jour ou non.

Sans attendre l’instauration d’un Référendum d’Initiative Citoyen, la loi vous permet d’ores et déjà de soumettre par Référendum Local (ou Consultation Locale) à la population de la métropole la décision de réaliser ou non ces projets. L’exécutif de Montpellier Méditerranée Métropole est seul compétent pour proposer à l’assemblée délibérante l’organisation de ce référendum. Aussi, nous vous demandons de bien vouloir entamer cette procédure à l’occasion du prochain Conseil de Métropole.

Nous sommes disposés à vous rencontrer pour en discuter plus précisément et pour envisager notre participation à la préparation de ce référendum, notamment lors de la phase nécessaire de débat.

Recevez nos salutations associatives.

Associations signataires :

Alternatiba  Montpellier, AMIES, APPEL, Atelier Citoyen de Castries, Attac Montpellier, Brasserie des Idées, Cabanes du Salaison, Eau Secours 34, Figuerolles En Friche, FNAUT Montpellier, Fondation Patrick Geddes, Football du Peuple, Gardiens de la Gardiole, I-Boycott, La Carmagnole, La Cimade, Maguelone Gardiole, Méditerranée durable, ODAM,  Projet Citoyen 34, Riverains de Garosud, Tempo Si.

Conférence-débat « Médias et émancipation »

Les comités locaux Attac de Montpellier et Nîmes avec le soutien de l’organisation altermondialiste espagnole ECOAR vous invitent à la conférence-débat «Critique des médias et émancipation dans le monde actuel» qui aura lieu le 8 décembre 2017 à 19h00 à l’espace Martin Luther King (salle n°1) 27 bd Louis Blanc, Montpellier.

L’intervenant, Philippe Corcuff, est maître de conférences à l’Institut d’Études Politiques de Lyon, où il enseigne et mène des recherches en sociologie sur la place des individualités dans les sociétés contemporaines, et en philosophie politique sur la question de l’émancipation. Il est également membre du conseil scientifique d’Attac et a rejoint la Fédération Anarchiste en 2013.

Le mouvement altermondialiste a participé partout dans le monde, à partir de la fin des années 1990, à relancer la critique des médias sous le contrôle croissant de groupes économiques internationaux. Toutefois cette critique des médias a parfois pris des accents manichéens posant implicitement des problèmes à la perspective d’émancipation individuelle et collective portée dans le même temps par l’altermondialisme. Cette conférence qui fait partie des journées internationales «Communication, Pouvoir et Contre-pouvoir» proposera une critique plus nuancée des médias davantage ajustée à une logique émancipatrice.