La sécurité sociale de 1946 à 2026

Carmagnole de Montpellier, mercredi 28 janvier 2026

Conférence-débat de Victor DUCHESNE (maître de conférence en sciences économiques au Centre d’Économie de l’Université Paris Nord), organisée par Attac Montpellier, soutenue par la Fédération Syndicale Unitaire (FSU), Médecins du Monde et l’association Réseau salariat.

La conférence-débat avait pour thème « La Sécurité Sociale mise en place en 1946 sous l’impulsion d’Ambroise CROIZAT et de la CGT et ses enjeux après 80 ans d’existence ».


28 janvier 2026 : Inauguration de la place Ambroise Croizat pour les 80 ans de la Sécurité Sociale

Le 4 Octobre dernier, la Sécurité Sociale a eu 80 ans !  Ce bien commun a été développé avec l’ambition de garantir à toutes et tous l’accès aux soins et l’accompagnement aux différents moments de la vie avec la possibilité de vieillir dignement.

A l’initiative de résistants et de militants communistes, c’est un véritable programme révolutionnaire qui fut élaboré pour assurer la protection des travailleurs les plus vulnérables (personnes âgées, chômeurs, malades, femmes enceintes…) et ce, sur le principe :  » de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins « .

Déjà présent dans le programme  » Les Jours heureux » du Conseil National de la Résistance (CNR), c’est Ambroise Croizat qui concrétisera ce projet. La Sécurité Sociale est le fruit d’une année de travail collectif, de la fédération des multiples mutuelles et organisations existantes, comme il le rappellera au moment de la promulgation de l’ordonnance.

Nous appelons au rassemblement pour rendre hommage à cette volonté de mettre en place un système de protection qui se base sur une « solidarité nationale indiscutable », comme le dit Ambroise Croizat lui-même à l’Assemblée le 8 août 1946. Incarnant dès cette époque un véritable choix de société, ce système fête cette année ses 80 ans d’existence.

Le 28 Janvier, anniversaire de la naissance d’Ambroise Croizat, la placette située devant la CPAM Gambetta de Montpellier sera inaugurée à 18h en son honneur, nous vous y attendons nombreux.

Une conférence sur « LES ENJEUX ACTUELS DE LA SÉCURITÉ SOCIALE » suivra à 19h à la Carmagnole par Victor Duchesne Maître de conférence en sciences économiques de l’Université Paris Nord Sorbonne – Restauration sur place

Voici le texte de l’inauguration:

Discours Inauguration place Ambroise Croisat

Merci d’être venus à l’appel d’ATTAC (l’Association pour le Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne), Médecins du Monde, FSU (Fédération Syndicale Unitaire) et Réseau-Salariat,
Je rappelle que cet hommage sera suivi d’une conférence à la Carmagnole à 19h sur les enjeux actuels de la Sécurité sociale avec Victor Duchesne maître de conférence en sciences économiques à la Sorbonne et à laquelle je vous invite chaleureusement.

(vie d’A Croizat (Anne Marie))

Nous sommes aujourd’hui rassemblés pour rendre hommage à Ambroise Croizat et à sa grande réalisation, la Sécurité Sociale. En effet, nommé ministre du Travail et de la sécurité sociale en 1945, il a piloté le travail de fédération, mené par les unions locales de la CGT, de l’ensemble des mutuelles d’entreprise et d’institutions diverses pour les intégrer dans un système universel, la sécurité sociale.

Fils d’ouvrier, il commence à travailler dès l’âge de 13 ans comme apprenti métallurgiste. A 19 ans il adhère à la CGTU (Confédération Générale du Travail Unitaire) et au Parti Communiste Français. Rapidement, il devient un militant ouvrier influent, défenseur des droits des travailleurs.
Alors qu’il est devenu secrétaire général de la Fédération des métaux (CGT), une branche stratégique dans l’industrie, il organise et accompagne les grèves massives de mai et juin 1936, qui aboutissent aux Accords de Matignon. Il milite pour la nationalisation des grandes industries et la mise en place d’une protection sociale élargie.
Peu après il est élu député communiste de Savoie en 1936, et intervient à l’Assemblée sur
Les droits des travailleurs : extension des conventions collectives.
La sécurité sociale embryonnaire : il défend l’idée d’un système universel.
La défense des libertés syndicales.
Il soutient les réformes sociales du Front populaire tout en poussant pour des mesures plus radicales : 40 heures hebdomadaires, Congés payés, Conventions collectives ainsi que le développement des œuvres sociales syndicales : Sous son impulsion, la CGT métallurgie crée des colonies de vacances, des centres de santé et des écoles de formation pour adultes, toujours actives, pour améliorer la vie des ouvriers.
Croizat s’oppose à la montée des fascismes et soutient la solidarité avec l’Espagne républicaine. Il défend les droits des travailleurs coloniaux, demandant l’égalité salariale et sociale.
Suite au Pacte germano-soviétique, les députés communistes sont arrêtés et condamnés en octobre 1939, emprisonnés et déportés au bagne d’Alger en 1941. Suite au débarquement allié en Afrique du Nord il est libéré en février 1943 et reprend des activités politiques de façon clandestine, participant à l’assemblée consultative provisoire dont il assure la présidence de la commission du travail et des affaires sociales.
A la Libération il est nommé Ministre du Travail et de la Sécurité sociale entre 45 et 47 et porte la loi fondatrice de la Sécurité sociale qui passe par ordonnance le 4 octobre 1945. Il met en place le régime général de l’assurance maladie en 1946.

Les différentes branches de la Sécurité sociale (Anne Marie)

La sécurité sociale s’organise traditionnellement autour de la couverture de grands risques sociaux, tels que la santé, la vieillesse et la famille. Historiquement, ces protections étaient regroupées au sein d’une « caisse unique » lors de la création du régime général en 1946, avant d’être séparées en branches distinctes par les ordonnances de 1967 pour répondre à des logiques de gestion comptable.
Les branches classiques du régime général
• La branche Maladie (Santé) : Elle assure le financement des soins et la solvabilisation des professionnels de santé. Elle s’est développée massivement dans les années 1960 avec la création d’une sécurité sociale du soin.
• La branche Vieillesse (Retraites) : Elle gère les pensions des retraités, conçues non pas comme une épargne, mais comme la poursuite du salaire pour des travailleurs libérés de l’emploi.
• La branche Famille : Elle repose sur le versement des allocations familiales, qui reconnaissent le rôle social des parents.
• L’assurance Chômage : Bien que gérée séparément à l’origine, elle est désormais étroitement liée au financement de la protection sociale, notamment via la CSG.
Progressivement l’État social a repris le pouvoir sur « la Sociale » en transformant un système initialement autogéré par les travailleurs en une administration sous tutelle étatique. Ce processus, qualifié de « réappropriation », s’est appuyé sur des réformes structurelles et un changement radical du mode de financement.
Les étapes de cette reprise de pouvoir par l’Etat:
1. La fin de l’autogestion ouvrière (1960-1967)
À sa création en 1946, la Sécurité sociale était dirigée par les intéressés eux-mêmes : les conseils d’administration étaient composés aux trois quarts de représentants des salariés.
• Les décrets de 1960, sous De Gaulle, donnent le pouvoir aux directeurs de caisses (nommés ou contrôlés par l’État) au détriment des conseils d’administration élus.
• Les ordonnances Jeanneney (1967) marquent une rupture majeure en supprimant la « caisse unique » au profit de branches séparées (Maladie, Vieillesse, Famille). Cette division a permis de créer artificiellement des déficits dans certaines branches pour justifier des restrictions budgétaires. C’est aussi l’instauration du paritarisme, qui réduit l’influence ouvrière en donnant autant de poids au patronat qu’aux syndicats dans les CA.
2. La fiscalisation et le contrôle parlementaire au début des années 90
L’État a progressivement remplacé la cotisation sociale (considérée comme une part du salaire gérée par les travailleurs) par l’impôt, ce qui lui redonne la main sur les cordons de la bourse.
Grâce à la création de la CSG (gouvernement Rocard 1991) : En remplaçant les cotisations par un impôt, l’État légitime son rôle de gestionnaire et dessaisit les partenaires sociaux de leur souveraineté sur le salaire socialisé.
Ensuite Le Plan Juppé en 1995-1996 qui instaure les Lois de financement de la Sécurité sociale (LFSS). Désormais, c’est le Parlement qui vote le budget de la Sécurité sociale, faisant passer le système d’une logique de « réponse aux besoins » à une logique d’« adaptation à la contrainte budgétaire ».
3. Le passage au « capitalisme sanitaire »
Une fois le contrôle politique récupéré par l’État et ses technocrates, la Sécurité sociale a été mise au service d’une logique de marché.
• Solvabilisation du secteur privé : L’État social utilise l’argent public pour financer des secteurs lucratifs, comme les cliniques privées, l’industrie pharmaceutique (via les brevets) et les complémentaires santé.
• La gestion par le chiffre : Des outils comme la T2A (tarification à l’activité) transforment l’hôpital en entreprise, où le soignant est perçu comme un exécutant soumis à des impératifs de rentabilité plutôt qu’à la qualité du soin.
En résumé, l’État a transformé une institution de conquête ouvrière en un outil de régulation économique, favorisant le développement d’un capitalisme politique où les élites décident de la répartition de la valeur à la place des producteurs.

La Gouvernance de la Sécu (Christine)

Si les cotisations sociales représentent une somme rondelette (493 milliards d’euros en 2022), contrairement à ce que répète le patronat, la Sécurité sociale n’est pas un frein mais un moteur dans l’économie, elle est source de richesses.
Comme le rappelle l’économiste Michaël Zemmour, « La protection sociale est un stabilisateur automatique. Les prestations sociales permettent de décorréler le revenu des ménages des soubresauts de l’économie. » Les travailleureuses licencié.es peuvent continuer à consommer; ainsi les chocs des crises financières ont été moins violents en France qu’ailleurs. La sécu a joué le même rôle lors de la crise sanitaire. En permanence, les prestations sociales lissent les revenus des ménages, assurant la « sécurité des lendemains ». Ces prestations atténuent de 70% les variations annuelles de niveau de vie des actifs et actives, ce qui limite l’épargne de précaution.
La sécu permet aussi de mettre fin à la peur de la maladie : fini de choisir entre se soigner et manger ! fini de quémander la charité, avec son corollaire, le sentiment d’humiliation. Recevoir des soins, percevoir des indemnités, ce n’est plus « demander » : c’est exercer un droit acquis collectivement.
La protection sociale est également un extraordinaire outil redistributif qui réduit significativement les inégalités de revenus. Le taux de pauvreté passe de 26,5% avant redistribution à 15,4% après redistribution (chiffres 2022), ce qui en montre l’efficacité. La protection sociale est une richesse sociale, qui crée de la solidarité, intergénérationnelle, du ciment social par l’interdépendance réciproque entre les citoyen.nes.
En outre, la Sécurité sociale ne se contente pas de corriger les défaillances et inégalités, elle participe à la création de richesses économiques : en protégeant la santé des travailleureuses, mais aussi en produisant et en remboursant les soins, en subventionnant des places en crèche ou dans les Ehpad. Ce qui représente quand même 11% du PIB.
Enfin, elle est tout particulièrement efficace : plus on mutualise, plus on fait des économies d’échelle. Les coûts de gestion (de 16 à 22 %) des complémentaires santé sont exorbitants en regard de ceux de la Sécurité sociale (entre 4 et 6%).
La Sécurité Sociale doit permettre de sécuriser et de protéger les citoyen·nes contre les aléas de la vie, mais aussi être un outil de transformation sociale. Revenir au 100% sécu permettra d’en mettre en œuvre le principe fondateur « cotiser selon ses moyens et recevoir selon ses besoins ».

La Sécurité sociale a permis que la santé cesse d’être une angoisse permanente, en particulier pour les classes populaires : se soigner à temps, ne pas craindre la ruine de la famille, pouvoir bénéficier de traitements longs. La Sécu a apporté un changement profond dans la précarité et la dignité. Recevoir des soins, percevoir des indemnités, ce n’est plus « demander » : c’est exercer un droit acquis collectivement.

Les limites du système (Marie)

Quatre‑vingts ans plus tard, cette promesse est fragilisée.
Non pas parce que la Sécurité sociale serait dépassée, mais parce que nous nous en sommes progressivement éloignés, à travers des choix politiques et de gouvernance qui ont affaibli ses principes fondateurs.
1. Une Sécurité sociale qui ne protège plus totalement
Première limite : la montée continue des restes à charge.
Aujourd’hui, chaque personne en France paie en moyenne 274 euros par an de sa poche pour se soigner. Mais cette moyenne masque des écarts importants : pour les personnes âgées, en affection de longue durée ou en situation de handicap, les dépenses sont bien plus élevées, notamment pour les soins peu ou mal remboursés, les transports, ou le matériel médical.
Ces restes à charge ont des conséquences directes :

plus d’une personne sur deux a déjà renoncé à des soins ou à du matériel médical faute de remboursement,

et les ménages les plus modestes consacrent une part bien plus importante de leurs revenus à la santé que les plus aisés.

On est là à l’opposé de la logique de 1945, qui visait à protéger en priorité celles et ceux qui ont le plus de besoins.

2. Un système fragmenté, complexe et inégalitaire
Deuxième limite : la fragmentation du système de protection maladie.
Entre l’Assurance maladie obligatoire, les complémentaires privées, la C2S et l’AME, l’accès effectif à la santé dépend de l’empilement de dispositifs, de démarches, majoritairement numériques, complexes et de conditions changeantes.
Cette organisation produit très concrètement :
des ruptures de droits,
du non‑recours massif,
et une dépendance accrue à la capacité à maîtriser l’administratif.

En 2024, 2,5 millions de personnes n’avaient pas de complémentaire santé. Et dans les structures de Médecins du Monde, 85 % des personnes accueillies n’avaient pas de couverture santé effective.
Dans le même temps, les complémentaires santé, initialement pensées comme un simple complément, occupent désormais une place centrale et fonctionnent comme de véritables assurances :
plus on est âgé ou malade, plus on paie.
À 75 ans, une personne paie en moyenne trois fois plus qu’à 20 ans pour une couverture équivalente.

3. Une universalité inachevée et discriminante
Troisième limite : tout le monde ne bénéficie pas du même droit à la santé.
L’accès à l’Assurance maladie reste conditionné au statut administratif. Les personnes sans titre de séjour sont reléguées vers l’AME, un dispositif à part, plus restrictif et régulièrement menacé.
Le rapport de l’observatoire de l’accès aux soins, publié en 2025 par Médecins du Monde, documente les effets concrets de cette mise à l’écart : à Montpellier, dans le cadre d’une enquête-testing, on a pu constater que 38 % des bénéficiaires de l’AME se sont vu refuser un rendez‑vous chez un dentiste, alors qu’un créneau était proposé pour une demande identique formulée par un assuré social. Ces pratiques traduisent une discrimination structurelle, liée à un système fragmenté.
Pourtant, soigner tout le monde n’est pas un luxe, c’est une exigence de santé publique et de cohésion sociale.

La Sécurité sociale n’est pas en crise parce qu’elle coûterait trop cher, mais parce qu’elle est progressivement détournée de sa finalité.
Remettre au travail l’esprit de 1945, c’est réaffirmer
– que la santé n’est pas un marché,
– que la solidarité n’est pas une dépense mais un choix politique,
– et que l’accès aux soins doit redevenir un droit inconditionnel et universel.

Minutage : 3’30 » minutes (je peux réduire si nécessaire)

Conclusion (ne pas lire les titres)

(1. Ce qu’était la gouvernance de la Sécurité sociale au départ)
En 1945, la Sécurité sociale ne se voulait pas seulement un mécanisme de remboursement. C’était une institution démocratique, pensée comme un outil d’émancipation collective.
Sa gouvernance reposait sur un principe fort : les assuré·es sociaux gouvernent eux‑mêmes leur système de protection.
Les caisses de Sécurité sociale étaient majoritairement administrées par les représentants des travailleurs, élus, avec une logique claire : les besoins de santé priment sur les équilibres comptables, et les choix sont débattus collectivement.

(2. Une évolution progressive vers un pilotage technocratique )
Au fil des décennies, cette gouvernance s’est profondément transformée. Peu à peu, la gestion démocratique a été remplacée par un pilotage étatique centralisé, principalement à travers les lois de financement de la Sécurité sociale. Chaque année, le débat porte moins sur les besoins réels de la population que sur des objectifs de dépenses, des enveloppes, des « maîtrises budgétaires ».

(3. Les dérives actuelles)
On peut pointer qu’une gouvernance éloignée des citoyens produit des effets très concrets :

une logique de contrôle des coûts qui fragilise l’accès aux soins et qui culpabilise les malades,

un désengagement progressif du financement public,

et une place croissante laissée aux acteurs privés, notamment aux complémentaires santé.

Résultat : On s’éloigne du projet initial de solidarité pour glisser vers une logique assurantielle.

4. Réouvrir la démocratie sociale : une urgence politique
Face à ces dérives, on pourrait imaginer travailler à une véritable refondation démocratique de la protection sociale. L’organisation d’une Convention citoyenne sur la protection sociale permettrait de redonner la parole aux citoyen·nes, aux usager·es, aux professionnel·les et aux associations, pour débattre collectivement.

Conclusion
Cette convention gagnerait même peut-être, à être élargie à l’ensemble de la protection sociale, en intégrant notamment les expériences de sécurité sociale de l’alimentation déjà expérimentées sur plusieurs territoires.
Revenir à l’esprit de 1945, aujourd’hui, c’est accepter une idée simple mais radicale :
la protection sociale n’est pas une affaire d’experts, mais un choix de société, qui mérite un débat démocratique à la hauteur des enjeux.

8 août 1946 devant l’Assemblée nationale Ambroise Croizat prononce un discours sur la sécu dans lequel il conçoit la sécurité sociale non comme un processus achevé, mais comme une «  institution vivante  » qui «  doit s’étendre, chaque jour, aux domaines nouveaux qui n’ont pas encore fait l’objet d’intervention législative  ».

“L’énergie est notre avenir, socialisons-la !”

Le syndicat des travailleur·euses de l’énergie SUD Énergie (Solidaires) animera une conférence-débat autour du livre L’énergie est notre avenir, socialisons-la !, coécrit par SUD Énergie et Attac.

Ce sera l’occasion d’échanger autour du système électrique français, des perspectives écologiques et sociales du secteur, et surtout des moyens d’agir collectivement pour une véritable socialisation de l’énergie.

Depuis les années 1990, la libéralisation du marché a transformé l’électricité en une simple marchandise, soumise aux lois de l’offre et de la demande. Résultat : explosion des prix, désinvestissement dans la transition énergétique, et prise de pouvoir des grands groupes privés sur un bien commun vital.

Loin de la promesse d’une concurrence « bénéfique pour tous », ce système accroît la précarité énergétique et ralentit la bifurcation écologique. Il fragilise un secteur qui devrait, au contraire, reposer sur la coopération et la planification — seules garantes d’un avenir sans « black out » comme l’ont récemment connu le Portugal et l’Espagne.

Face à cela, il est temps de reprendre le contrôle de notre énergie et de refonder un véritable service public, avec une planification démocratique et un engagement clair vers la transition écologique.

Que vous soyez travailleur·euse du secteur, militant·e, ou simplement curieux·se, venez en discuter avec nous !
Une autre énergie est possible !

Vous pouvez commander le livre sur le site d’Attac (https://france.attac.org/nos-publications/livres/article/nouveau-livre-d-attac-l-energie-est-notre-avenir-socialisons-la) ou mieux dans votre librairie habituelle…

Sécurité et souveraineté alimentaires

Soirée-débat
Marc Dufumier, agroéconomiste,
Valentin Brochard, chargé du plaidoyer sur la souveraineté alimentaire au CCFD
22 octobre 2021 à 19h
Salon du Belvédère – Corum – Montpellier

La situation alimentaire dans le monde est marquée par une recrudescence de la faim. Comme le reconnait l’ONU, Il y a plus qu’assez de nourriture dans le monde pour nourrir les 7,8 milliards de femmes et d’hommes qui peuplent la Terre. À ce jour, pourtant, plus de 820 millions de personnes ne mangent pas à leur faim. Quelque 144 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent d’un retard de croissance, soit plus d’un enfant sur cinq dans le monde. Nos systèmes alimentaires ne fonctionnent plus et la pandémie du COVID-19 aggrave la situation. Si nous n’agissons pas immédiatement, il ne fait aucun doute que nous allons tout droit vers une crise alimentaire mondiale qui pourrait avoir des répercussions à long terme sur la vie de centaines de millions d’humains.

C’est dans ce contexte qu’un « Sommet de l’ONU sur les systèmes alimentaires » s’est tenu le 23 septembre 2021 à New York. Or ce Sommet a été caractérisé par son opacité et par la mainmise des compagnies agroalimentaires transnationales. En effet, l’approche privilégiée est basée sur les solutions de marché, et les droits humains ont été exclus des débats.

Dans ces conditions, comment analyser cette situation sous ses deux aspects, sécurité alimentaire d’un côté et souveraineté alimentaire de l’autre, et comment s’interroger sur les enjeux au regard de la solidarité internationale ? Telles sont les idées force pour cette soirée-débat.

Atelier de la CNCL du 12 juin 2021 sur l’eau et le sol

Impacts sur l’eau et le sol de l’urbanisation et de l’agriculture industrielle. Quelles alternatives ?

L’objectif de cet atelier était de donner des pistes pour :

  • identifier le plus tôt possible, à l’échelle d’un territoire, des projets urbains et des pratiques agricoles néfastes pour l’environnement et les populations ;
  • alerter, mobiliser et lutter efficacement contre ces projets et pratiques, tout en proposant des alternatives crédibles.

Pour cela nous avons décrit les impacts négatifs de certains projets urbains et de certaines pratiques agricoles sur l’eau et le sol. Par exemple, l’artificialisation/imperméabilisation du sol sans cesse croissante dans les villes entraîne l’augmentation du risque d’inondation, de la pollution des milieux aquatiques et des spots de chaleur, et une perte de biodiversité. De même, l’usage de pesticides pollue le sol et l’eau, et certains projets d’irrigation empêchent le retour à un bon état des masses d’eau et ne sont pas soutenables face au changement climatique. Plus largement, c’est toute l’agriculture productiviste qui pose problème, en n’assurant pas la reconstitution de l’humus du sol.

Puis nous avons présenté quelles sont les alternatives à ces projets urbains et ces pratiques agricoles néfastes pour l’environnement et les populations. Ces alternatives, souvent regroupées sous les qualificatifs « ville perméable », « nature en ville », « agroécologie », visent soit à atténuer ou compenser les impacts, soit à les supprimer. Nous avons montré leur intérêt mais aussi parfois leur limite.

Enfin, nous avons présenté « Les sentinelles de la nature », l’outil lanceur d’alerte de France Nature Environnement, et nous avons fait un rappel de la réglementation environnementale (étude d’impact, concertation préalable, débat et enquête publique), afin d’élargir le panel d’actions possibles des associations et comités locaux d’Attac.

Intervenants :

  • Impacts sur l’eau de l’urbanisation et de l’agriculture industrielle – Thierry Uso – CL Attac Montpellier
  • Restaurer le cycle de l’eau, le sol et la végétation – Daniel Hofnung – CL Attac 94
  • Impacts de l’artificialisation sur les sols. Etat et leviers réglementaires ? – Brian Padilla – Espace Ecologie Société

Diaporamas :

Vidéos :

Discussion

La discussion après les interventions a porté sur :

  • La densification urbaine et la démographie comme moyen et prétexte à la métropolisation
  • La transformation progressive des forêts françaises de riches écosystèmes en monocultures d’espèces à croissance rapide pour la production de bois énergie
  • La multiplication des projets de bio-méthanisation sur des terres agricoles produisant initialement des aliments

Les stades dans le capitalisme urbain de Montpellier

Extraits de la conférence-débat du 3 mars 2020 organisée par le Comité Local Attac Montpellier sur Un nouveau stade pour Montpellier, prochain grand projet inutile imposé ?

La conférence avec des interventions de Daniel Bartement (géographe et maître de conférences à l’université Paul Valéry Montpellier III) et de Michel Julier (porte-parole du collectif Stop Gare de la Mogère), a été illustrée par Julien Revenu, auteur de la bande dessinée Zone défensive (2019, Coll. En prise, Édition Warum).

Alors qu’il rejetait fermement l’idée de déménager le stade de la Mosson en 2014, le maire de Montpellier, Philippe Saurel, a finalement lancé en 2017 un projet de nouveau stade Louis-Nicollin dans le nouveau quartier Cambacérès entre autoroutes et voie ferrées. Attac Montpellier, avec d’autres associations, a été au début 2018 à l’initiative d’une demande de référendum d’initiative citoyenne local sur l’abandon du stade de la Mosson pour le nouveau stade Louis-Nicollin dans le quartier Cambacérès où a déjà été réalisé un autre grand projet inutile, la gare TGV Sud de France (initialement dénommée gare de la Mogère).

Résistance et révolution du peuple kurde

Le Centre Démocratique Kurde de Montpellier, l’association Epicée, le Collectif de solidarité avec le peuple kurde co-organisent une rencontre de solidarité internationale sur le thème « Résistance et Révolution du peuple Kurde ».

Date : Mercredi 26 juin 2019 à 18h30
Lieu : Local de la CIMADE, 28 rue du Faubourg Boutonnet, 34090 Montpellier

Après la projection du film documentaire « La guerre des filles » de Mylène Sauloy, nous parlerons avec Bérivan Firat, représentante du Conseil Démocratique Kurde de France, de l’expérience révolutionnaire, écologique, démocratique et féministe du Rojava, des tentatives d’invasion du Kurdistan du sud (Irak) par la Turquie mais aussi de la situation des Kurdes de Turquie, de l’isolement carcéral d’Ocalan, de l’arrestation des élus du HDP…

Conférence-débat : Transition écologique et justice sociale

Le Comité montpellierain d’Attac et la Carmagnole ont organisé une conférence-débat avec Geneviève Azam intitulée « Transition écologique et justice sociale », le Mercredi 27 Mars 2019 à 20h – Salle Guillaume de Nogaret, Espace Pitot, 34000 Montpellier.

Geneviève Azam, enseignante-chercheur honoraire en économie de l’Université Toulouse Jean Jaurès, est membre du Conseil Scientifique d’Attac en charge des questions écologiques. Elle anime également la commission Ecologie-Société, qui est une des commissions les plus actives au sein d’Attac.

Geneviève Azam a présenté plusieurs scénarios conciliant transition écologique et justice sociale. Puis les 70 personnes présentes ont débattu avec elle sur les actions qui peuvent être entreprises dès maintenant.

 

conférence Azam

 

Le système dette, histoire des dettes souveraines et de leur répudiation

Le lundi 5 novembre, salle Guillaume de Nogaret, a eu lieu à 20h une

Conférence avec Eric Toussaint
auteur du livre « Le système dette, histoire des dettes souveraines et de leur répudiation »

organisée par
«Les Amis du Monde Diplomatique», «Collectif Montpelliérain de Solidarité avec le Peuple Grec»
avec le soutien de «Attac», «Comité Thomas Sankara», «Survie», «CADTM Nîmes»

 

Le système dette

 

Eric Toussaint a présenté l’histoire de la dette depuis le XIXème siècle, puis nous a expliqué pourquoi on parle de dette odieuse, illégitime ou illégale et comment, grâce à l’endettement extérieur et au «libre-échange», les puissances capitalistes ont fait de la dette une arme de domination et de spoliation.
 

 

Eric Toussaint, historien et docteur en sciences politiques (universités de Liège et de Paris 8), est porte-parole du CADTM international. Il a notamment coordonné les travaux d’audit de la dette publique en Grèce (2015) et en Equateur.