Quand le régime turc fait du féminicide une arme de sa sale guerre contre les Kurdes

Mardi 23 juin 2020, un drone de combat de l’armée turque a délibérément visé et tué trois femmes kurdes, dans le village de Helincê, à Kobanê. Zehra Berkel, Hebûn Mele Khelil et Emine Weysi étaient des activistes du mouvement des femmes Kongreya Star. La première était de plus coordinatrice du mouvement au niveau régional.

Cette attaque vise non seulement Kobanê, le symbole de la résistance kurde contre Daesh, mais aussi les femmes qui sont au centre de la révolution sociale menée depuis 2012 au Rojava, une expérience démocratique unique, basée sur le municipalisme libertaire, l’égalité des genres, le pluralisme ethnique et l’écologie.

Ce n’est pas la première fois que le régime turc cible les femmes, afin d’atteindre le cœur de la résistance kurde. A Paris, en janvier 2013, il a ordonné le meurtre des militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez. En octobre 2019, les mercenaires djihadistes contrôlés par la Turquie lors de l’invasion turque au Nord de la Syrie ont assassiné la dirigeante politique Hevrîn Khalaf.

Ce nouvel assassinat de trois femmes s’inscrit dans une répression et une guerre tous azimuts, menées par la Turquie d’Erdogan pour anéantir le peuple kurde.

  • Au nord de la Syrie, l’armée turque et ses mercenaires djihadistes commettent des violations et des exactions quotidiennes contre les Kurdes et les autres composantes ethniques de cette région qu’ils occupent.
  • En Turquie, les élus et militants du Parti démocratique des Peuples (HDP) subissent une répression systématique destinée à empêcher toute expression politique du peuple kurde : pas un jour ne se passe sans des destitutions d’élus, des arrestations, des détentions et de lourdes condamnations pénales prononcées par une justice aux ordres du pouvoir.
  • La semaine dernière encore, l’armée turque a bombardé trois zones du sud Kurdistan, en Irak, dont le camp de réfugiés de Makhmour, sous la responsabilité du HCR.

La Russie, qui contrôle l’espace aérien au-dessus de Kobanê, la coalition internationale et l’ONU qui se taisent face à ces crimes de guerre, sont également responsables. Par leur silence, et en laissant faire la Turquie, elles l’encouragent dans sa volonté d’annexion.

Plus que jamais, nous devons soutenir la résistance du peuple kurde. Le collectif montpelliérain de solidarité avec le peuple kurde demande au gouvernement français de dénoncer les agressions turques et les assassinats politiques, de proposer à l’UE et à l’ONU une zone d’exclusion aérienne en Syrie et Irak, visant à empêcher tout bombardement des populations.

Erdogan relance la guerre contre les Kurdes

Communiqué de presse du Collectif montpelliérain de solidarité avec le peuple kurde
dont Attac Montpellier fait partie

Au cours de la nuit de dimanche à lundi 15 juin 2020, l’armée turque a bombardé le Sud Kurdistan (en Irak) avec une soixantaine d’avions de chasse ciblant notamment le camp de Makhmour (à une centaine de kilomètres de Erbil), qui abrite 15.000 réfugiés kurdes. Le camp se trouve en principe sous la protection du Haut-commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (HCR). Une autre zone ciblée par les bombardements est la région kurde-yézidie de Shengal, lourdement attaquée par Daesh en 2014 ; la population de Shengal, qui ne s’est pas encore remise de ces massacres, subit aujourd’hui les bombardements de l’État turc.

La Turquie s’en prend aussi aux autres parties du Kurdistan, en envahissant chaque jour un peu plus le nord de la Syrie. Au Rojava, le régime d’Erdogan s’attaque aux territoires libérés de Daesh par les Kurdes et au système démocratique mis en place. Toutes les minorités ethniques et religieuses du Kurdistan sont menacées. L’objectif la Turquie est d’occuper durablement ces régions, à l’instar de ce qu’elle a fait à Chypre.

Erdogan, en grande difficulté, croit se maintenir au pouvoir par ces agressions militaires, flattant un nationalisme exacerbé. En Turquie même, il foule au pied libertés et démocratie. Il a ainsi arbitrairement, destitué les co-maires de 45 municipalités sur les 65 municipalités remportées par le HDP (Parti démocratique des peuples) aux élections municipales de mars 2019. Le mercredi 17 juin il a limogé les co-maires des municipalités d’Igdır, Siirt, Kurtalan, Baykan et Altinova, nommant des administrateurs pour les remplacer. Les dirigeants du HDP et ses élu.es – Député.es, Maires, Conseiller.es municipaux – sont arrêté.es et jeté.es en prison dans le cadre de rafles périodiques.

Le régime dictatorial d’Erdogan est encouragé dans ces violations du droit international par le silence de l’ONU et de tous les Etats. La communauté internationale doit sortir de son silence.

Le collectif montpelliérain de solidarité avec le peuple kurde demande au gouvernement français de dénoncer les agressions turques et les atteintes aux libertés, de proposer à l’UE et à l’ONU une zone d’exclusion aérienne en Syrie et Irak, visant à empêcher tout bombardement des populations.

Le collectif montpelliérain de solidarité avec le peuple kurde appelle aussi à une manifestation de soutien aux peuples du sud-Kurdistan, bombardés par l’armée turque, le samedi 20 juin à 19h au Peyrou.

contact : collectifdesolidariteaveclepeuplekurde (at) lilo.org

Turquie : le Covid-19 ne peut pas masquer la dictature

Communiqué de presse du 17 mai 2020

Lutter contre le Covid-19 ne doit pas occulter la lutte tout aussi vitale contre les dérives des régimes dictatoriaux : Le régime d’Erdogan en Turquie multiplie les exactions contre les kurdes

En Turquie , la mort, de deux musiciens du Grup Yorum, Helin Boleck le 3 avril puis Ibrahim Göbcek le 6 mai après 321 jours de grève de la faim, emprisonnés pour « terrorisme » (pour certains pour avoir simplement chanté dans leur langue maternelle), est passée quasiment sous silence en France !

Les autorités turques ont ordonné l’arrestation, vendredi 15 mai, de quatre maires élus sous la bannière du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde) pour leurs liens supposés avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Ces 4 maires kurdes élus démocratiquement sont destitués par le pouvoir islamo-conservateur et remplacés par des fonctionnaires sur décision d’Ankara, sans aucune décision de justice.

Lors des élections municipales du printemps 2019, le HDP avait remporté 65 municipalités dans l’est et le sud-est du pays. Depuis, 45 maires HDP ont été révoqués et remplacés par des administrateurs nommés, 21 sont actuellement en prison sous l’accusation de « terrorisme ».

Sept députés du parti, dont sa figure de proue, Selahattin Demirtas, sont également en prison.

Le Collectif montpelliérain de soutien au peuple kurde et le Collectif démocratique kurde de Montpellier demandent à tous nos compatriotes de réagir en soutenant les pétitions ou initiatives de solidarité de la résistance kurde contre les dictatures qui entravent leur démarche démocratique en Turquie comme au Rojava syrien.

Ils demandent aussi à nos élus et nos représentants politiques d’intervenir pour que la France et l’Europe ne restent pas sans réaction devant un tel lynchage de la démocratie !

contact : collectifdesolidariteaveclepeuplekurde (at) lilo.org

Campagne de collecte de fonds pour l’eau au Rojava

Dans le cadre du Forum Mésopotamien de l’Eau qui se tient cette année par vidéoconférence à cause de la pandémie, une réunion sur la Solidarité internationale a eu lieu aujourd’hui. Lors de cette réunion, il a été décidé de lancer une campagne de collecte de fonds pour des projets dans le domaine de l’eau au Rojava.

Aider à collecter 112.000 € (100.000 £) pour des projets dans le domaine de l’eau au Rojava / Syrie du Nord-Est !

Le fonds aidera les coopératives de femmes et les municipalités locales démocratiques de Rojava et d’autres régions du nord-est de la Syrie avec des projets tels que la réparation des infrastructures endommagées par les bombardements (en particulier par la Turquie et l’IS), le creusement de puits (dont beaucoup sont devenus défectueux ces dernières années) et la construction de pompes à eau pour les camps de réfugiés (leur nombre a augmenté ces dernières années), ainsi que le financement de projets à long terme tels que les systèmes d’irrigation des fermes coopératives (à petite échelle pour les besoins locaux) et les initiatives de nettoyage des rivières (ordures, traitement des eaux usées, etc.). Cette campagne vise donc à contribuer au droit à l’eau pour tous les habitants du nord-est de la Syrie.

Malgré l’occupation d’Afrîn, Serêkaniye et Tel Abyad (Grî Spî) ces deux dernières années et la guerre en cours (principalement par l’État turc et ses suppléants), les habitants du nord-est de la Syrie poursuivent toujours l’objectif d’une société directement démocratique, écologique et libérée des préjugés sexistes ; ils reconstruisent donc leur vie, continuent à vivre en coopération, améliorent leur écologie et leur économie.

Pour plus d’informations, voir la vidéo de la campagne et comment faire un don :

Water for Rojava

L’eau n’est pas une arme et un outil d’hégémonie ! L’eau est plutôt la vie (Av jîyane) et un outil pour la paix !

#Water4Rojava #WaterIsLife

Et maintenant on culpabilise les citoyens

Un texte de Marco Bersani d’Attac Italie traduit en français.

Une des stratégies les plus efficaces mises en œuvre dans toute situation d’urgence par les pouvoirs forts consiste à culpabiliser les individus pour obtenir d’eux qu’ils intériorisent la narration dominante sur les événements en cours, afin d’éviter toute forme de rébellion envers l’ordre constitué.

Cette stratégie a été largement mise en œuvre dans la dernière décennie avec le choc de la dette publique, présenté comme la conséquence de modes de vie déraisonnables, où l’on vivait au-dessus de ses moyens sans faire preuve de responsabilité envers les générations futures.

L’objectif était d’éviter que la frustration due à la dégradation des conditions de vie de larges couches de la population ne se transforme en rage contre un modèle qui avait donné la priorité aux intérêts des lobbies financiers et des banques sur les droits des individus.

C’est bien cette stratégie qu’on est est en train de déployer dans la phase la plus critique de l’épidémie de coronarivus.

L’épidémie a mis le roi à nu et fait ressortir toutes les impostures de la doctrine libérale.

Un système sanitaire comme celui de l’Italie, qui jusqu’il y a dix ans était l’un des meilleurs du monde, a été sacrifié sur l’autel du pacte de stabilité : des coupes budgétaires d’un montant global de 37 milliards et une réduction drastique du personnel (moins 46.500 personnes, entre médecins et infirmières), avec pour brillant résultat la disparition de plus de 70.000 lits d’hôpital – ce qui veut dire, s’agissant de la thérapie intensive de dramatique actualité, qu’on est passé de 922 lits pour 100.000 habitants en 1980 à 275 en 2015.

Tout cela dans le cadre d’un système sanitaire progressivement privatisé, et soumis, lorsqu’il est encore public, à une torsion entrepreneuriale obsédée par l’équilibre financier.

Que la mise à nu du roi soit partie de la Lombardie est on ne peut plus illustratif : cette région considérée comme le lieu de l’excellence sanitaire italienne est aujourd’hui renvoyée dans les cordes par une épidémie qui, au cours du drame de ces dernières semaines, a prouvé la fragilité intrinsèque d’un modèle économico-social entièrement fondé sur la priorité aux profits d’entreprise et sur la prééminence de l’initiative privée.

Peut-on remettre en question ce modèle, et courir ainsi le risque que ce soit tout le château de cartes de la doctrine libérale qui s’écroule en cascade ? Du point de vue des pouvoirs forts, c’est inacceptable.

Et ainsi démarre la phase de culpabilisation des citoyens.

Ce n’est pas le système sanitaire, dé-financé et privatisé qui ne fonctionne pas ; ce ne sont pas les décrets insensés qui d’un côté laissent les usines ouvertes (et encouragent même la présence au travail par des primes) et de l’autre réduisent les transports, transformant les unes et les autres en lieux de propagation du virus ; ce sont les citoyens irresponsables qui se comportent mal, en sortant se promener ou courir au parc, qui mettent en péril la résistance d’un système efficace par lui-même.

Cette chasse moderne, mais très ancienne, au semeur de peste est particulièrement puissante, car elle interfère avec le besoin individuel de donner un nom à l’angoisse de devoir combattre un ennemi invisible ; voilà pourquoi désigner un coupable (« les irresponsables »), en construisant autour une campagne médiatique qui ne répond à aucune réalité évidente, permet de détourner une colère destinée à grandir avec le prolongement des mesures de restriction, en évitant qu’elle ne se transforme en révolte politique contre un modèle qui nous a contraints à la compétition jusqu’à épuisement sans garantir de protection à aucun de nous.

Continuons à nous comporter de façon responsable et faisons-le avec la détermination de qui a toujours à l’esprit et dans le cœur une société meilleure.

Mais commençons à écrire sur tous les balcons : « Nous ne reviendrons pas à la normalité, car la normalité, c’était le problème. »

Les stades dans le capitalisme urbain de Montpellier

Extraits de la conférence-débat du 3 mars 2020 organisée par le Comité Local Attac Montpellier sur Un nouveau stade pour Montpellier, prochain grand projet inutile imposé ?

La conférence avec des interventions de Daniel Bartement (géographe et maître de conférences à l’université Paul Valéry Montpellier III) et de Michel Julier (porte-parole du collectif Stop Gare de la Mogère), a été illustrée par Julien Revenu, auteur de la bande dessinée Zone défensive (2019, Coll. En prise, Édition Warum).

Alors qu’il rejetait fermement l’idée de déménager le stade de la Mosson en 2014, le maire de Montpellier, Philippe Saurel, a finalement lancé en 2017 un projet de nouveau stade Louis-Nicollin dans le nouveau quartier Cambacérès entre autoroutes et voie ferrées. Attac Montpellier, avec d’autres associations, a été au début 2018 à l’initiative d’une demande de référendum d’initiative citoyenne local sur l’abandon du stade de la Mosson pour le nouveau stade Louis-Nicollin dans le quartier Cambacérès où a déjà été réalisé un autre grand projet inutile, la gare TGV Sud de France (initialement dénommée gare de la Mogère).

Le gouvernement français ne doit pas céder au chantage de la Turquie

Communiqué de presse du 26 février 2020

Les Kurdes ont joué un rôle crucial dans la lutte contre Daesh, au prix de la vie de 11 000 de leurs combattants, cela afin de préserver la stabilité du Moyen-Orient et de l’Europe.

Contredisant l’engagement de la France aux côtés des Kurdes, en Syrie et en Irak, la DGSI et le Quai d’Orsay soumettent les Kurdes de France à des poursuites judiciaires et des mesures administratives inadmissibles.

Nous rappelons que les Services de Renseignements turcs (MIT) ont assassiné trois militantes kurdes, à Paris, le 9 janvier 2013.

Au cours des derniers mois, la DGSI a convoqué une dizaine de kurdes afin de les intimider et de les contraindre à travailler pour eux en tant qu’informateurs. Le mardi 18 février, 8 Kurdes ont été placés en garde à vue en Nouvelle-Aquitaine, le Centre démocratique du Kurdistan de Bordeaux a été perquisitionné. 4 des personnes arrêtées ont été mises en examen, sans aucun fondement, pour « financement d’une organisation terroriste ».

Des représentants du Conseil Démocratique Kurde en France se sont vu notifier, samedi 22 février, la prolongation d’une mesure administrative de gel des avoirs prise le 12 juin 2019. Les faits qui leur sont reprochés sont d’avoir organisé des manifestations déclarées, d’avoir organisé ou participé en 2018 à la session du Tribunal Permanent des Peuples sur la Turquie et les Kurdes, d’avoir assisté à des réunions publiques, ou encore de rencontrer des élus de la République.

Tandis qu’elle a mené à l’extérieur une coopération stratégique avec les Kurdes, la France persiste à l’intérieur dans une politique anti-kurde afin de ne pas fâcher Erdogan.

Nous demandons au Président Emmanuel Macron et au gouvernement français de mettre fin à la politique anti-kurde du Quai d’Orsay et d’ôter le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) de la liste des organisations terroristes, car il s’agit d’une organisation démocratique et représentative des kurdes opprimés de Turquie.

Le Collectif de solidarité avec le peuple Kurde Montpellier

Avec les enseignant.e.s grévistes contre la casse des retraites, à Sanofi pour y faire ruisseler les profits

Sanofi, n°2 du CAC40, a affiché 4 milliards de profits en 2018. Depuis 2 ans, par sa politique fiscale et par divers coups de pouce (comme le crédit impôt recherche ou l’autorisation de la hausse du prix du médicament), le gouvernement favorise ces profits, et assure que la richesse produite dans le pays va ruisseler…

Puisque le gouvernement semble peiner à trouver des sources de financement pour les retraites, nous nous sommes rendus sur le site de Sanofi à Montpellier pour demander que l’entreprise nous accorde un peu du ruissellement promis.

Des salariés de l’entreprise, mobilisés eux aussi contre la casse des retraites, nous ont remis une valise pleine de billets « sanofric » représentant les montants que le groupe doit aux Français : équivalent du CICE, du CIR, d’exonérations diverses et du surcoût des médicaments.

Nous avons ensuite remis cette mallette au conseil général pour que les représentants de l’Etat fassent remonter cet argent au gouvernement !

 

Caisse de grève des cheminots SUD-Rail LR

Les cheminots de la SNCF sont en grève depuis le 5 décembre, et les militants/adhérents SUD-Rail sont en première ligne dès le début du conflit. Au niveau de la région « ex Languedoc-Roussillon », notre mobilisation est forte depuis le premier jour, avec des taux de grévistes allant de 60 à 95% chez les conducteurs, alors que la Direction SNCF annonce que 70% d’entre eux ne seront pas directement touchés par cette réforme. Après 34 jours de grève, les conducteurs TER en Languedoc-Roussillon sont encore grévistes à hauteur de 80%, mais d’autres secteurs à la SNCF se mobilisent fortement également, que ce soit chez les contrôleurs avec 50% de grévistes ou encore à l’EIC (postes d’aiguillages et gestion des circulations) avec plus de 30%. Peu de trains circulent sur la région grâce à cette mobilisation !

Un grand nombre de militants SUD-Rail et de cheminots est entré dans ce conflit contre la réforme des retraites en grève illimitée. Notre combat semble soutenu par un grand nombre de français et ce sont les cheminots qui mènent le combat grâce à leur mobilisation quotidienne. Cette grève va avoir des conséquences financières importes pour chacun d’eux, conséquences que chacun assume bien entendu, et c’est dans ce cadre particulier que nous faisons appel à la solidarité de tous et toutes.

Pour que notre mouvement de protestation puisse durer dans les jours et semaines à venir, pour qu’il puisse être un mouvement gagnant, nous avons besoin que tout ceux qui le peuvent nous soutiennent au travers de notre caisse de grève.

Caisse de grève SUD-Rail LR: https://www.lepotsolidaire.fr/pot/fabtulpu
ou par courrier à SUD-Rail – 175 rue Joseph Cugnot – 34070 Montpellier

Nous dénonçons tous une réforme du système de retraite qui est injuste pour tout le monde. Même si le gouvernement a mis une clause qui évitera à une partie des cheminots d’être pas ou peu impactés (la Direction SNCF annonce 60%), ceux qui sont dans cette configuration ne peuvent pas accepter que leurs collègues qui font le même métier qu’eux n’aient pas les mêmes conditions de départ en retraite. Cette réforme va impacter la vie de nos enfants, de nos petits enfants et des générations à venir… Nous ne sommes pas prêt a accepter de leur laisser un système plus défavorable que celui que nous aurions connu nous, nos parents, nos grands-parents !

Un nouveau système de retraite qui ne sera pas plus équitable, avec lequel il faudra travailler plus longtemps et qui donnera des pensions revues à la baisse. Le but de ce système à point, c’est de faire s’enrichir encore une fois les plus riches au travers des fonds de pensions… est-ce bien l’avenir que nous voulons léguer ? Pour notre syndicat SUD-Rail, ce n’est pas possible. Cela n’est pas possible, car en plus il existe d’autres solutions pour résoudre le problème de financement du système de retraite actuel.

Le système de retraite d’aujourd’hui et la réforme Macron

Aujourd’hui, 1 travailleur produit l’équivalent de 5 travailleurs en 1950, mais reste seul à cotiser. Le gain de production n’étant pas soumis à cotisations alimente les revenus du capital.

Le PIB par habitant a pourtant bien augmenté (x 4,7) en 70 ans, c’est donc que plus de richesse est créée, pour autant comme tu le fais remarquer, le chômage reste très important.

On en conclue que la richesse du travail n’est pas réutilisée pour créer du travail, mais pour s’enrichir…

1950 : 4 cotisants pour 1 retraité (PIB/habitant = 6 715 €)
Aujourd’hui : 1,4 cotisants pour 1 retraité (PIB/Habitant = 31 740 €)

Aujourd’hui ce sont les jeunes qui sont le plus touchés par le chômage: la tranche « 15 à 24 ans » a 20% de chômeurs (contre 7% pour les autres tranches).

D’un autre côté, sur la tranche d’âge « 60 à 64 ans », c’est seulement 33% des personnes qui travaillent, quand aux autres, c’est soit du chômage, RSA, inactivité pour maladie, inactivité avec fin des droits (plus de chômage ni RSA), congé de fin de carrière (CPA)…

La réforme consiste a décaler l’âge de la retraite pour tous à 64 ans, pour avoir une retraite complète. L’autre point majeur de la réforme c’est le passage au système à points, qui va mécaniquement entrainer une baisse des pensions: seul le gouvernement certifie que ça ne sera pas le cas, mais toutes les simulations réalisées démontrent le contraire.

Décaler l’âge de départ à la retraite

– tout le monde va devoir travailler quelques années de plus, quand nos jeunes n’ont pas assez d’emplois disponibles… c’est le serpent qui se mord la queue… si on leur laisse pas la place libre… ils pourront pas trouver du travail !

– conséquence du point précédent… (certains) jeunes commencent à travailler plus tard, soit à cause des études, mais aussi car ils ne trouvent que des stages et pas de vrais emplois, ou alors des missions qui ne durent pas, du coup… ils seront obligés mécaniquement de travailler plus tard… pour avoir « les conditions d’une retraite complète » (et là aussi, le gouvernement n’a rien détaillé de ce qu’il entend par « condition pour une retraite complète »… travailler minimum 43 ans ?).

– un grand nombre de personnes sont au bout du rouleau dans leur emploi, une fois passés les 55 ans, les raisons sont multiples et variées (et pour ceux qui ont des emplois peu fatiguant, le système de retraite actuel leur permet de pouvoir poursuivre leur carrière au delà de l’âge d’ouverture des droits à pension)

– passé 55 ans, c’est bien plus compliqué de trouver un travail pour la majorité des gens (sauf pour ceux qui sont des spécialistes dans leur domaine d’activité et qui forcément n’ont pas de soucis)

– les 2 points précédents ont une conséquence combinée: les « séniors » en inactivité ont alors des revenus moindres, ce qui va pénaliser le montant de leur retraite par la suite…

Système de points

En gros c’est un gateau (variable car il sera maximum de 14% du PIB) a se partager entre tout les retraités, sauf qu’à l’avenir il y aura plus de retraités donc des parts de gateau plus petites…

De plus toute la carrière sera prise en compte pour le calcul du montant de la pension, donc ça veut dire que la moindre inactivité ou baisse/fluctuation de salaire va être pénalisante (le gouvernement nous dit que non, mais dans sa présentation, Edouardo n’a rien dit de précis et concret à ce sujet…).

Les simulations réalisées donnent des pensions de 20 à 30% plus faibles qu’avec le système actuel… en partant à 64 ans ! pour ceux qui voudront partir à 62 ans (comme prévu dans la réforme), ils auront alors un malus (5% par an) de 10%.

Quand aux 1000€ de pension minimum… actuellement c’est 970€. Les 1000€ ce sera pour une carrière complète… sinon c’est moins bien sur…). Au final une augmentation de 30€… Et de nos jours, peut-on vivre correctement avec 1000€ ??

Le gouvernement oublie de parler de ceux qui n’ont justement pas eu de carrières complètes (arrêt de travail pour élever les enfants, travail à temps partiel, changements d’entreprises avec pauses entre 2 jobs, etc…) et souvent avec des salaires juste au dessus du SMIC… ces personnes là vont toucher des pensions de misère, encore plus misérables qu’actuellement.

Les conséquences globales de cette réforme, c’est qu’il va y avoir une multitude cas personnels. Pour tous, ce sera une baisse du montant de retraite, que l’on parte à 62 ans ou 64 ans. Du coup, ce qu’il va se passer, c’est que les gens vont devoir capitaliser dans des fonds de retraite. Sauf qu’il y a ceux qui peuvent, et ceux qui peuvent pas. Il y aura aussi les entreprises les plus généreuses ou celles qui peuvent (ce qui ne sera pas le cas de la plupart des PME) qui vont payer directement ces fonds de pensions à leurs salariés (pour les attirer ou les faire rester). Et les fonds de pensions… c’est de l’argent stocké pour faire de l’argent… et dont ceux qui en tirent le plus de bénéfices sont les actionnaires, encore une fois.

Le système actuel n’est pas parfait, mais nous avons de propositions pour le rendre viable et plus équitable pour tous, sans tirer tout le monde vers le bas encore une fois.

Propositions de SUD-Rail Languedoc-Roussillon

Il faut garder notre système actuel. Le but c’est de trouver entre 8 et 17 milliards d’euros (déficit évalué pour 2025).

Où trouver l’argent:

  • Fin de la délocalisation fiscale des entreprises afin de payer moins d’impôts en France
  • Suppression du CICE pour les entreprises dont les effectifs baissent
  • Création de cotisations sur les revenus du capital (pour récupérer l’évasion fiscale: 230
    milliards d’euros)
  • Création d’une cotisation sur l’automatisation et l’intelligence artificielle (deep learning…)
  • Augmentation des salaires, par exemple : +1% génèrerait environ 2,5 milliards d’euros de
    cotisations supplémentaires
  • Fin de l’inégalité salariale entre hommes et femmes: l’augmentation du salaire des femmes
    entrainant plus d’argent cotisé

Améliorations:

  • Véritable prise en compte de la pénibilité
  • Prise en compte de l’âge moyen en bonne santé de la population pour l’âge de départ en retraite (actuellement 64 ans chez les femmes, 63 ans chez les hommes) = baisser l’âge d’ouverture des droits et non l’augmenter = baisse du chômage des jeunes
  • Congés maternité, congés parental considérés comme travaillés (cotisés)
  • Maintien des pensions de réversion

Merci d’avance à tous ceux qui contribueront à notre caisse de grève.